Les relations de voyage Heureux qui comme Ulysse
Les relations qui se trouvent ici réunies couvrent un siècle et représentent toutes les espèces de voyageurs qui pouvaient se rendre au Siam à cette époque, chacun avec sa motivation particulière. Il est amusant de constater qu'on retrouve de nos jours à peu près les mêmes catégories parmi les gens qui atterrissent à Don Muang, l'aéroport international de Bangkok. Vincent Leblanc voyage par plaisir, il incarne le touriste, c'est notre routard d'aujourd'hui. Jean-Baptiste Tavernier voyage pour l'argent, c'est le commerçant indépendant, le chercheur de fortune, débrouillard, aventurier (et pas toujours très honnête ?). Joos Schuten voyage pour son travail, c'est l'ancêtre de nos cadres supérieurs, représentants de grandes sociétés et de grands intérêts, voiture de fonction et lourdes responsabilités. Jacques de Bourges voyage par idéal, le missionnaire aujourd'hui serait dans le secteur humanitaire, la Croix-Rouge, l'Unesco ou Médecins Sans Frontières. Quant au chevalier de Chaumont, il voyage pour l'Etat, tapis rouge et réceptions, c'est le diplomate, le politique, le négociateur. C'est volontairement que nous nous sommes limités à ces relations courtes et représentatives. D'autres plus ambitieuses ont été rédigées, ainsi celle de Nicolas Gervaise : « Histoire Naturelle et Politique du Royaume de Siam » publiée en 1688, ou celle de Simon de La Loubère « Du Royaume de Siam » parue en 1691. On en trouvera de nombreux extraits dans les notes rédigées tout au long du site. Par ce texte, nous voulons rendre ici hommage à ces voyageurs du passé. Notre carte d'embarquement en main, au moment de franchir le portillon et d'accéder à l'avion qui, en moins de douze heures, nous déposera à Bangkok, ayons une petite pensée pour ces lointains ancêtres. Partis pour signer des contrats, pour signer des traités, pour servir Dieu ou devenir riches, ils ont traversé les mers, sillonné les terres pendant de longs mois, en butte à tous les dangers, à toutes les menaces de la nature et des hommes ; mieux encore, ils nous en ont laissé de précieux témoignages. Qu'à travers les siècles ils en soient remerciés. Illustration musicale : Never Weather-Beaten Saile de Thomas Campion (1567-1620)
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