Voyage du cap de Bonne-Espérance
à l'île de Java.
| La description
du cap de Bonne-Espérance |
|
Le cap de Bonne-Espérance, de la manière qu'on le voit
en venant d'Europe, est une longue suite de montagnes qui s'étendent
du Septentrion au Midi, et qui finissent en pointe dans la mer. Les
deux premières, que nous apercûmes à dix lieues
de cette pointe, sont les montagnes de la Table et du Lion. Nous découvrîmes
celle de la Table la première : on l'appelle de ce nom parce
que le sommet est fort plat et ressemble assez à une table. Celle
du Lion est ainsi nommée, parce qu'elle a à peu près
la figure d'un lion couché sur le ventre. Quoiqu'elle soit plus
avancée vers la mer que l'autre, nous ne la vîmes d'après
; il semble de loin que ce ne soit qu'une seule montagne
(1):
aussi ne sont-elles pas fort éloignées l'une de l'autre.
Au bas de ces montagnes une grande baie s'avance en ovale deux ou trois
lieues dans les terres vers l'Orient, elle a près de deux lieues
à son entrée et environ neuf de circuit. Toute la côte
en est saine du côté du sud vers les montagnes : partout
ailleurs près de terre, il y a du danger. M. le commissaire général
de la Compagnie des Indes, dont on parlera beaucoup dans la suite, nous
dit un jour qu'il avait souvent eu peur, nous voyant approcher si près
des terres dans les bordées que nous faisions ; jusque-là
qu'il avait délibéré de nous tirer un coup de canon
à balle, pour nous avertir par ce signal de nous tenir au large,
en attendant un vent plus favorable.
C'est vers le milieu de cette baie que les Hollandais
ont placé un fort pentagone au-dessous de la montagne de la
Table, qui le couvre du côté du Midi, et derrière
celle du Lion, qui le met à l'abri du côté de
l'Occident, à une lieue de terre ou environ. On laisse sur
la gauche en entrant une île assez basse nommée l'île
Robin (2),
au milieu de laquelle les Hollandais ont arboré leur pavillon.
Ils y relèguent ceux du pays, et même ceux qui Indes
qu'ils veulent punir de bannissement et les obligent d'y travailler
à la chaux, qu'ils font des coquillages que la mer y jette.
| On
court risque d'échouer allant au mouillage du Cap. |
|
Comme le temps était favorable pour entrer dans la baie, nous
espérions mouiller sur les dix heures du matin ; mais le vent
nous ayant manqué tout d'un coup à l'entrée, nous
nous trouvâmes pendant le calme dans un courant, qui nous portait
fort vite sur une roche du côté de l'île Robin, où
nous voyions les vagues se briser avec beaucoup de violence. On mit
aussitôt le canot et la chaloupe à la mer pour nous remorquer
et nous tirer de ce mauvais pas. Mais malgré la prévoyance
des officiers et la diligence de l'équipage à exécuter
leurs ordres, nous ne laissions pas d'être en grand danger de
toucher contre cette roche par la rapidité du courant ou de la
marée qui nous emportait ; et on n'était pas à
demi-lieue de ce brisant, lorsque tout à coup il s'éleva
un vent de terre qui nous obligea de remorquer à notre tour la
chaloupe et nous mit bientôt hors d'intrigue. Nous y perdîmes
pourtant deux huniers (ce sont deux voiles médiocres) que la
violence du vent enfonça.
| La
passe c'est un petit détroit formé par deux terres
qui s'avancent. |
|
Comme nous fûmes obligés de louvoyer tout le jour dans
la passe avec de grandes fatigues, c'est-à-dire, de faire plusieurs
bordées tantôt d'un côté et tantôt d'un
autre, nous ne pûmes attraper le mouillage qu'au commencement
de la nuit. Encore fallut-il le lendemain relever l'ancre pour s'approcher
du fort et se mettre sous les montagnes à l'abri des vents d'ouest
extrêmement violents et qui règnent en cet endroit durant
l'hiver, où nous étions alors.
| Nos vaisseaux
mouillèrent au milieu de quatre navires hollandais. |
|
Nous mouillâmes donc le lendemain à cent cinquante pas
du fort. Il y avait quatre gros vaisseaux à la rade du cap venus
de Hollande depuis un mois, quoi qu'ils fussent partis plus de deux
mois avant nous. Le premier portait une flamme d'amiral au-dessous du
pavillon, pour marque du commandement souverain que la Compagnie de
Hollande s'attribue dans les Indes. Il était monté par
le baron van Reede
(3),
que la Compagnie des Indes envoyait avec le titre de commissaire général,
pour visiter toutes les places qu'elle tient en ce pays-là. Il
avait un plein pouvoir d'ordonner de tout, de changer les officiers
des comptoirs et même les gouverneurs des places, s'il le jugeait
à propos. Le second était commandé par le baron
de Saint Martin
(4), français de nation et
major général de Batavia, commandant en cette qualité
toutes les troupes de la république dans les Indes. Le sieur
Bocheros, ancien capitaine de vaisseau et conseiller de M. Van Rheden
durant le temps de sa commission, montait le troisième. Le quatrième
était à la suite de M. de Saint Martin, qui devait se
rendre incessamment à Batavia.
Tous ces messieurs auxquels il faut joindre M. van
der Stel (5),
gouverneur, ou pour parler comme les Hollandais, commandeur du Cap,
sont d'un mérite singulier, et ce fut une heureuse rencontre
pour nous d'avoir à traiter avec eux, durant le séjour
que nous y fîmes.
| Les Hollandais
envoient reconnaître nos vaisseaux. |
|
Nous avions à peine mouillé, que deux chaloupes arrivèrent
à bord, pour savoir qui nous étions, et le lendemain sur
les sept heures du matin le commissaire général envoya
complimenter M. l'ambassadeur, qui de son côté fit aller
M. le chevalier de Forbin, lieutenant du bord, et trois autres officiers
à terre pour le saluer, et le prier de nous permettre de faire
de l'eau et de prendre les rafraîchissements nécessaires.
| L'ambassadeur
envoie complimenter le gouverneur du Cap. |
|
Il y consentit avec beaucoup d'honnêteté, et ayant su qu'il
y avait plusieurs gentilshommes à la suite de M. l'ambassadeur,
il les fit inviter à venir chasser à terre. Il demanda
s'il n'y avait point de jésuite dans notre vaisseau. Il est probable
que ceux qui étaient venus la veille et qui nous avaient assez
remarqués lui avaient parlé de nous à leur retour.
M. de Forbin répondit que nous étions six, qui allions
à la Chine, et qu'il y avait aussi dans le bord des ecclésiastiques
qui allaient à Siam.
Après cela on parla du salut, et l'on convint
que la forteresse rendrait coup pour coup, quand notre vaisseau l'aurait
saluée. Cet article fut mal expliqué ou mal entendu
par ces Messieurs : car M. l'ambassadeur, sur les dix heures, ayant
fait tirer sept coups de canon, l'amiral répondit de cinq coups
seulement et la forteresse ne tira point. M. l'ambassadeur renvoya
aussitôt à terre, et l'on arrêta que le salut de
l'Amiral ne serait compté pour rien. Ainsi la forteresse tira
sept coups, l'amiral sept coups, et les autres navires cinq pour saluer
le vaisseau du roi, qui rendit le salut : le fort et les vaisseaux
le remercièrent
(6).
On prépara ensuite les chaloupes, et l'on ne pensa plus qu'à
s'aller délasser à terre des fatigues passées.
| Les jésuites
vont rendre visite au gouverneur du cap. |
|
Dès que nous fûmes arrivés dans cette baie, nous
trouvâmes ce lieu si propre pour faire des observations, que nous
résolûmes sur-le-champ de chercher les moyens de les faire.
Il fallait pour cela prendre une maison commode, y faire transporter
nos instruments, et y pouvoir travailler jour et nuit, pendant le peu
de temps que nous avions à y demeurer. Il y avait de la difficulté
: des jésuites mathématiciens et divers instruments portés
à terre pouvaient bien blesser la délicatesse d'un gouverneur
hollandais dans une colonie assez nouvelle, et lui faire soupçonner
quelque autre chose que ce que nous prétendions. On nous conseilla
même de nous déguiser et de ne pas paraître jésuites
: mais nous ne le jugeâmes pas à propos, et nous reconnûmes
dans la suite que notre habit ne nous avait point fait de tort.
Après y avoir pensé, il fut résolu
que le père Fontenay et moi iraient visiter le commissaire
général et le gouverneur de la place avant que les autres
missent pied à terre ; et que si dans la conversation on trouvait
ouverture à proposer notre dessein, on se servirait de l'occasion.
Nous allâmes donc sans autre recommandation droit à la
forteresse. La sentinelle nous arrêta à la première
porte, selon la coutume des places de guerre, jusqu'à ce que
l'officier de garde étant arrivé, et ayant su que nous
venions rendre visite au commissaire général et au gouverneur,
il commanda qu'on nous laissât entrer, et nous donna un soldat
pour nous conduire à leur appartement.
Cette maison consiste dans un grand corps de logis
à deux étages et fort solidement bâti. Il y a
au-dessus une très belle terrasse pavée de grandes pierres
de taille, avec des balcons et des balustrades de fer à l'entour
; on y va ordinairement prendre le frais. Ce pays est dans un air
si tempéré, qu'il n'y fait jamais beaucoup de froid,
que quand le vent du midi souffle ; et quoique nous fussions alors
au milieu de l'hiver par rapport à ce climat, la chaleur s'y
faisait assez sentir durant le jour, pour nous obliger à cherche
le frais sur le soir.
| Le climat
du cap de Bonne-Espérance est extrêmement tempéré. |
|
Nous entrâmes d'abord dans une grande salle où l'on fait
le prêche tous les dimanches, en attendant qu'on ait achevé
de bâtir le temple, qu'on a commencé hors du fort. Il y
a aux deux côtés de cette salle d'assez beaux appartements
: on nous fit entrer dans celui qui est à main gauche, où
nous fûmes reçus par M. de Van der Stel, et où un
moment après M. le baron de van Reede nous vint trouver. C'est
un homme de qualité âgé d'environ cinquante ans,
bien fait, honnête, sage, civil, savant, qui juge et parle bien
de tout. Nous fûmes extrêmement surpris de trouver tant
de politesse au cap de Bonne-Espérance, et beaucoup plus encore
de toutes les honnêtetés et les marques d'amitié
que nous y reçûmes de cette première entrevue. Le
père de Fontenay à qui dans cette occasion je servais
d'interprète en portugais, voyant de si heureuses dispositions
à notre dessein, dit à M. le commissaire général
que nous étions six jésuites qui allions aux Indes et
à la Chine ; que comme nous n'étions guère accoutumés
aux fatigues de la mer, nous avions besoin de prendre un peu l'air de
terre, pour nous remettre après un si longue navigation ; que
nous n'avions pas osé le faire sans savoir s'ils en seraient
contents. M. le commissaire général ne me permit pas de
lui expliquer tout ce que le père de Fontenay avait dit, et m'interrompant
aussitôt :
vous nous ferez le plus grand plaisir du monde,
mes pères, nous dit-il en portugais,
de
venir vous délasser à terre , nous ferons tout de que
nous pourrons pour contribuer à vous remettre de vos fatigues.
| Les jésuites
sont parfaitement bien reçus des Hollandais. |
|
Cette réponse si favorable nous fit passer outre. Nous lui dîmes
qu'étant à terre nous serions bien aises de travailler
pour l'utilité publique, et de lui faire part ensuite de nos
observations ; afin de reconnaître par-là en quelque manière
les bontés qu'il avait pour nous : qu'en partant de France, nous
avions embarqué divers instruments de mathématique, parmi
lesquels il y en avait de fort propres pour trouver la véritable
longitude des pays où l'on passait, sans avoir besoin des éclipses
de lune ni de soleil : nous lui expliquâmes la nouvelle façon
d'observer les satellites de Jupiter, dont le savant M. Cassini a fait
de si belles tables. J'ajoutai que nous rendrions par-là un grand
service à leurs pilotes, en leur donnant la longitude assurée
du cap de Bonne-Espérance, qu'il ne connaissaient que par leur
estime ; moyen fort douteux qui les trompait souvent et d'une manière
fort considérable. Il nous dit que nous lui ferions plaisir,
et que puisque nous voulions travailler à cette découverte,
il nous offrait un lieu fort propre pour observer. En même temps
il ordonna qu'on préparât un pavillon, qui était
dans le jardin de la Compagnie, afin de nous y loger, tandis que M.
l'ambassadeur était en rade.
| Les honnêtetés
de M. de Van Rheden. |
|
Nous lui répondîmes que l'honnêteté qu'il
nous faisait s'étendrait plus loin, et que nous espérions
que M. l'ambassadeur aurait la bonté de l'en remercier et de
prendre part à ce bienfait. Alors nous lui montrâmes nos
lettres de mathématiciens du roi, dont nous avons déjà
parlé.
Vous augmentez ma joie, mes pères,
reprit alors M. le Commissaire,
en me faisait voir que j'exécute
la volonté et les ordres du plus grand roi du monde, pour qui
j'aurai toute ma vie un très profond respect ; cependant je ne
suis pas fâché que vous ne m'en ayez parlé qu'après
vous avoir obligé d'accepter un logis que je vous offre de tout
mon coeur. On nous apporta du thé, comme c'est la coutume
parmi les peuples des Indes d'orient ; et après avoir parlé
assez longtemps de beaucoup de choses différentes, nous prîmes
congé de ces messieurs pour nous retirer. M. le commandeur nous
suivit pour nous mener à cet appartement, qu'on nous avait offert
dans le grand jardin de la Compagnie.
| La description
du beau jardin que la Compagnie hollandaise entretient au cap
de Bonne-Espérance. |
|
Nous fûmes fort surpris de trouver un des plus beaux jardins et
des plus curieux que j'aie jamais vu, dans un pays qui paraît
le plus stérile et le plus affreux du monde. Il est placé
au-dessus des habitations, entre le bourg et la montagne de la Table,
et à côté du fort, dont il n'est éloigné
que de deux cents pas ou environ. Il a mille quatre cent onze pas communs
de longueur et deux cent trente-cinq de largeur. Sa beauté ne
consiste pas comme en France dans des compartiments et des parterres
de fleurs, ni en des eaux jaillissantes : il pourrait y en avoir, si
la Compagnie de Hollande voulait en faire la dépense, Car il
y a un ruisseau d'eau vive qui descend de la montagne et qui traverse
le jardin. Mais on y voit des allées à perte de vue, de
citronniers, de grenadiers, d'orangers plantés en plein sol,
et qui sont à couvert du vent par de hautes et épaisses
palissades d'une espèce de laurier qu'ils appelles spek
(7),
toujours vert et assez semblable au filaria. Ce jardin est partagé
par la disposition des allées en plusieurs carrés médiocres,
dont les uns sont pleins d'arbres fruitiers, entre lesquels, outre les
pommiers, les poiriers, les coigniers, les abricotiers et les autres
excellents fruits d'Europe, on y voit encore des ananas, des bananiers
et plusieurs autres qui portent les plus rares fruits, qui soient dans
toutes les parties du monde, qu'on y a transportés et qu'on y
cultive avec beaucoup de soin. Les autres carrés sont semés
de racines, de légumes et d'herbes, et quelques-uns de fleurs
les plus estimées en Europe et d'autres que nous ne connaissons
pas, qui sont d'une odeur et d'une beauté particulières.
Messieurs de la Compagnie des Indes à qui il appartient, comme
nous avons déjà dit, l'ont fait faire afin d'avoir toujours
en ce lieu comme un magasin de toutes sortes de rafraîchissements
pour leurs vaisseaux qui vont aux Indes ou qui en reviennent, et qui
ne manquent jamais de toucher au cap de Bonne-Espérance.
| Tous
les vaisseaux hollandais ont ordre de toucher au cap de Bonne-Espérance. |
|
Les vaisseaux qui viennent des Indes y arrivent au commencement de mars,
ou seuls ou plusieurs ensemble, et il y attendent la flotte d'Europe
qui s'y rend au mois d'avril. Par ce moyen ils savent les nouvelles,
s'ils sont en guerre ou non ; et en partent tous ensemble pour se mettre
par le grand nombre, et la force de leurs vaisseaux hors d'état
de recevoir aucune insulte des corsaires, ou de leurs ennemis.
A l'entrée du jardin, on a bâti un grand
corps de logis, où demeurent les esclaves de la Compagnie,
qui sont à ce qu'on dit au nombre de cinq cents, dont une partie
est employée à cultiver le jardin, et le reste aux autres
travaux nécessaires (8).
Vers le milieu de la muraille, du côté qui regarde la
forteresse, est un petit pavillon que personne n'habite ; l'étage
d'en bas contient un vestibule percé du côté du
jardin, et du fort, qui est accompagné de deux salons de chaque
côté. Il y a au-dessus un cabinet ouvert de toutes parts,
entre deux terrasses pavées de briques et entourées
de balustrades, dont l'une regarde le septentrion, et l'autre le midi.
Ce pavillon paraissait être fait exprès pour notre dessein.
Car d'un côté l'on découvrait tout le nord, dont
la vue nous était surtout nécessaire, parce que c'est
le midi par rapport à ce pays-là. Tandis que l'on préparait
ce pavillon, que j'appellerai avec les Hollandais notre observatoire,
nous retournâmes à bord, pour rendre compte à
M. l'ambassadeur et à nos pères de tout ce qui s'était
passé.
| M. l'ambassadeur
et M. le Commissaire se font beaucoup d'honnêtetés. |
|
Le lendemain M. le commissaire et M. le commandeur envoyèrent
à bord toutes sortes de rafraîchissements. L'officier qui
était chargé de faire ce présent à M. l'ambassadeur
de leur part, nous dit que ces messieurs nous avaient aussi envoyé
un canot pour nous y embarquer avec nos instruments de mathématique.
Comme nous avions préparé pendant la nuit ceux dont nous
croyions avoir besoin, on les mit dans ce canot ; et nous nous rendîmes
ainsi à l'observatoire le deuxième juin de l'année
mil six cent quatre-vingt cinq.
| On commence
à faire les observations. |
|
Une pendule à secondes, faite à Paris chez M. Thuret
(9)
ayant été mise à une heure approchante de celle
qu'il pouvait être, sans savoir encore la véritable, on
commença les observations suivantes.
Le premier satellite paraissait le soir éloigné
de Jupiter un peu moins que le diamètre de Jupiter à
onze heures, trois minutes de l'horloge non encore corrigée.
On voyait par la lunette deux bandes parallèles
sur le corps de Jupiter ; une plus large vers le bord méridional,
et l'autre plus étroite vers le septentrional.
Le premier satellite commençait à toucher
le bord de Jupiter à 11 heures 57' 30''
On ne voyait plus le satellite à 11 heures 58'. 50''.
Ces observations furent faites avec une excellente
lunette de douze pieds de feu M. le Bas : les heures sont toujours
celles de la pendule non corrigée.
On observa continuellement Jupiter jusqu'à 2
heures 5 min. après minuit, auquel temps il se cacha derrière
la montagne du Lion, qui bornait la vue du côté de l'Occident,
si bien qu'on ne pût voir ce jour-là l'émersion
du premier satellite.
Le troisième de juin 1685.
Pour vérifier l'heure de l'horloge
Hauteurs avant midi, heures de l'horloge
|
Deg
|
Min.
|
Sec.
|
Heur.
|
Min.
|
Sec.
|
|
20
|
16
|
0.
|
9
|
35
|
38
|
|
22
|
56
|
20.
|
9
|
34
|
47
|
|
24
|
11
|
0.
|
10
|
4
|
50
|
|
24
|
39
|
55.
|
10
|
8
|
48
|
Hauteurs après midi, heures de l'horloge
|
D
|
Sec.
|
Min.
|
H.
|
Sec.
|
Min.
|
|
24
|
39
|
55
|
0.
|
observation manquée
|
|
24
|
11
|
0
|
2
|
50
|
19
|
|
22
|
56
|
20
|
2
|
57
|
40
|
|
0
|
26
|
0
|
3
|
16
|
38
|
Ces hauteurs ont été prises avec un quart
de nonante de dix-huit pouces de rayon fait à Paris chez M.
Butterfield.
Il faut remarquer que ces hauteur du soleil n'ont pas
été du même bord, le matin nous prenions la hauteur
du bord supérieur et le soir de l'inférieur seulement,
il faut y prendre garde (10).
Pour la variation de l'aimant.
Par le cadran équinoxial du sieur Butterfield,
qui porte sous le méridien une grande boussole. La variation
de l'aimant fut trouvée de onze degrés et demi Nord-ouest.
Le soir n'y ayant point d'observations particulières
à faire, on considéra diverses étoiles fixes
avec la lunette de douze pieds.
| Diverses
observations pour les étoiles du Sud. |
|
Le pied du Cruzero
(11) marqué
dans Bayer
(12)
est une étoile double, c'est-à-dire composée de
deux belles étoiles éloignées l'une de l'autre
d'environ leur diamètre seulement
(13),
à peu près comme la plus septentrionale des Jumeaux
(14);
sans parler d'une troisième beaucoup plus petite qu'on y voit
encore, mais plus loin de ces deux.
Il y a plusieurs endroits sous le Cruzero dans la voie
lactée, qui paraissent remplis d'une infinité d'étoiles
avec la lunette.
Les deux nuages qui sont proches du pôle méridional
ne paraissaient pas un amas d'étoile, comme Proesepe Cancri
ni même une lueur sombre comme la nébuleuse d'Andromède
; on n'y voit presque rien avec les grandes lunettes, quoique sans
lunette on les voit fort blancs, principalement le grand nuage.
Rien n'est si beau dans le ciel que les constellations
du Centaure et du Navire (15).
Il n'y a pas de belles étoiles proches du pôle ; mais
il y en a quantité de petites. Bayer et les autres livres qui
en parlent, en omettent plusieurs, et la plupart de celles qu'ils
mettent ne paraissent pas au ciel dans la même situation.
Le quatrième de juin 1685.
Pour vérifier l'heure de l'horloge.
Hauteurs avant midi. Heures de l'horloge.
|
D.
|
M.
|
S.
|
H.
|
M.
|
S.
|
|
22
|
23
|
0.
|
9
|
50
|
47
|
|
23
|
31
|
50.
|
10
|
0
|
32
|
|
24
|
37
|
30.
|
10
|
9
|
18
|
|
25
|
53
|
20.
|
10
|
20
|
29
|
Heures après midi. Heures de l'horloge.
|
D.
|
M.
|
S.
|
H.
|
M.
|
S.
|
|
25
|
53
|
20.
|
2
|
32
|
33
|
|
24
|
37
|
30.
|
2
|
52
|
47
|
|
23
|
31
|
50.
|
2
|
52
|
47
|
|
22
|
23
|
0.
|
3
|
1
|
38
|
Le fil horizontal de la lunette n'était pas
tout à fait parallèle à l'horizon, on a toujours
tâché d'y suppléer dans les vérifications
de l'horloge, en faisant passer le bord du soleil par le même
endroit du fil à peu près.
Il faut toujours prendre garde que ce sont des hauteurs
de divers bords du soleil, le matin du bord supérieur, et le
soir de l'inférieur.
| Entrevue
de M. l'ambassadeur et de M. le Commissaire général. |
|
Le lundi après dîner nous allâmes au fort voir ces
messieurs, pour leur rendre compte des observations, que nous avions
déjà faites, et de celle que nous devions faire ce soir-là,
sur laquelle seule on pouvait régler la vraie longitude du Cap.
A notre retour tous ces messieurs voulurent venir avec nous pour être
témoins de cette observation. Nous étions ensemble sur
la terrasse occupés à leur montrer nos instruments, qu'ils
trouvèrent fort beaux et fort curieux, lorsque nous aperçûmes
M. l'ambassadeur, qui étant venu incognito la veille pour se
promener dans le jardin, l'avait trouvé si agréable qu'il
y était revenu le lendemain et se promenait dans une allée
accompagné de la plupart des officiers des deux vaisseaux et
des gentilshommes de sa suite. M. l'ambassadeur et M. le commissaire
s'étaient rendus de grandes civilités dès notre
arrivée, et depuis il ne se passait point de jour qu'il ne s'envoyassent
quelques présents. M. van Reede l'ayant aperçu de descendit
aussitôt de dessus la terrasse où il observait avec nous,
et après un ou deux tours d'allées, M. l'ambassadeur et
lui s'étant rencontrés comme par hasard, leur entrevue
se passa avec une entière satisfaction de part et d'autre.
| Émersion
du premier satellite de Jupiter observée. |
|
Après qu'on se fut séparé, M. le commissaire avec
messieurs de Saint Martin, van der Stel et Bocheros demeurèrent
avec nous dans l'observatoire jusqu'à dix heures du soir. L'émersion
du premier satellite se fit à dix heures 5 Min. 40. Sec. De l'horloge
non corrigée. Nous prîmes la ligne méridienne de
la terrasse septentrionale et la hauteur méridienne du soleil
; mais nous ne nous en voulûmes par servir, parce que l'opération
ne fut pas assez sûre.
Après l'émersion du premier satellite
de l'ombre de Jupiter, ayant comparé ensemble les observations
des hauteurs du soleil prises le matin et le soir du troisième
et du quatrième de juin, et eu égard à la différence
du temps entre les mêmes hauteurs du bord supérieur et
du bord inférieur du soleil, à cause que l'on avait
observé le matin le bord supérieur et le soir le bord
inférieur, on trouva que la pendule anticipait l'un et l'autre
jour, à l'égard du soleil, de vingt-huit minutes.
A l'instant de l'émersion du premier satellite
la pendule avait montré 10 heures 5. min. 40. sec. d'où
ayant ôté 28 minutes.
Reste le vrai temps de l'émersion 9. heures
37. min. 40 sec.
Les éphémérides de M. Cassini
calculées à minutes donnaient le temps de cette émersion
au méridien de Paris à 8 heures 26 min.
Mais ses tables des éclipses calculées
à secondes donnaient la même émersion à
8 heures 25 ??? min. 40. sec.
Les ayant ôtées des heures observées
au cap de Bonne-Espérance 9. heures 37. min. 40.sec.
| Différence
des méridiens du cap de Bonne-Espérance et de Paris. |
|
Reste la différence des méridiens entre le cap de Bonne-Espérance
et Paris d'une heure 12. minutes, qui font 18 degrés de différence
de longitude
(16);
et ayant supposé la longitude de Paris prise du premier méridien
qui passe par l'île de Fer la plus occidentale des Canaries de
22. degrés et demi, selon le même auteur, la longitude
du cap de Bonne-Espérance prise du même méridien
sera de quarante degrés et demi, peu différente de celle
que donnent les cartes modernes.
Le lendemain mardi cinquième de juin sur les
dix heures ces messieurs revinrent à l'observatoire, et y demeurèrent
jusque vers les deux heures après midi, pour voir prendre la
hauteur et la distance de la montagne de la Table, et considérer
nos instruments. On leur montra particulièrement l'usage du
cadran équinoxial, par le moyen duquel encore ce jour-là
nous trouvâmes la variation de l'aimant de onze degrés
et demi nord-ouest.
| Avantages
qu'on tire des observations qu'on a faites au cap. |
|
Ainsi l'on peut tirer deux avantages de ces observations. Le premier
est la variation de l'aimant que nous trouvâmes avec l'anneau
astronomique d'onze degrés et demi nord-ouest. Et le second la
longitude véritable du Cap, que nous réglâmes sur
cette émersion du premier satellite de Jupiter, qui devant paraître
à huit heures vingt-six minutes sur l'horizon de Paris, et ayant
été observée au Cap à neuf heures 37 min.
40. sec. du soir, donne une heure 12. minutes 40. sec. de différence
entre les deux méridiens des deux lieux, qui convertis en degrés,
en font dix-huit, et par conséquent les cartes sont défectueuses
et marquent le Cap plus oriental de près de trois degrés,
qu'il n'est en effet. M. l'abbé de Choisy en voulut être
témoin, et se réduisit à mener avec nous la vie
d'observateur durant quelque temps
(17).
| M. le
Commandeur envoie divers présents aux jésuites. |
|
Sur le soir on nos envoya dire du vaisseau, qu'il fallait s'y rendre
le jour suivant de bonne heure ; nous allâmes aussitôt tous
six à la forteresse prendre congé des messieurs les Hollandais,
et leur témoigner notre reconnaissance ; car il est vrai qu'on
ne peut rien ajouter ni aux honnêtetés, ni au bon traitement
que nous en avons reçus. Nous trouvâmes encore en entrant
dans le vaisseau des présents de thé, et de vin de Canarie,
que M. le gouverneur nous envoyait, qui se sentit obligé d'un
microscope et d'un petit miroir ardent que nous lui présentâmes.
Tous ces messieurs parurent extrêmement touchés
de notre départ. Nous prions Dieu, disaient-ils, en nous embrassant
tendrement, que les desseins pour lesquels vous allez à la
Chine réussissent heureusement, et que vous ameniez un grand
nombre d'infidèles à la connaissance du vrai Dieu. Nous
les quittâmes enfin fort touchés nous-mêmes de
leurs bons sentiments et de leurs honnêtetés.
| Poissons
curieux qu'on a fait venir de Japon. |
|
En passant par l'appartement du gouverneur, il nous fit voir dans une
cuve pleine d'eau deux petits poissons longs seulement d'un doigt. Les
Portugais en appellent un poisson d'or, et l'autre poisson d'argent,
parce qu'en effet la queue du mâle paraît d'or, et celle
de la femelle d'argent. Il nous dit que ces poissons venaient de la
Chine, et que les personnes de qualité de ces pays aussi bien
que les Japonais les estiment extrêmement, et en gardent dans
leurs maisons par curiosité. Nous en avons vu depuis dans le
palais du général de Batavia, et à Siam dans celui
du seigneur Constance, ministre de ce royaume, et chez quelques mandarins
chinois. Comme M. l'ambassadeur avait prié M. van Reede d'écrire
au général de Batavia, afin qu'il nous donnât un
pilote pour aller à Siam, M. le commissaire qui reçut
avec plaisir cette commission, envoya le lendemain à M. l'ambassadeur
une lettre fort obligeante pour ce général, dans laquelle
il n'oublia pas sur la fin d'y ajouter de lui même, et sans que
nous l'en eussions prié, un article en notre faveur.
| On se
rembarque pour se mettre à la voile. |
|
Nous passâmes la nuit à remballer nos instruments, et le
lendemain avant le jour nous les embarquâmes dans une chaloupe,
que le commandant nous avait fait tenir prête, et ainsi nous retournâmes
à bord.
| Le soin
qu'on a eu des catholiques du Cap. |
|
Voilà ce qui s'est passé au cap de Bonne-Espérance,
au sujet de nos observations. Quoique nous les fissions jour et nuit,
elles n'étaient pourtant pas notre seule occupation. A peine
eûmes-nous pris possession de notre petit observatoire, que les
catholiques de cette colonie, qui y sont en assez grand nombre, en furent
avertis et en témoignèrent une très grande joie.
Les matins et les soirs ils nous venaient trouver en secret. Il y en
avait de tous les pays et de toutes les conditions, de libres, d'esclaves,
de Français, d'Allemands, de Portugais, d'Espagnols, de Flamands
et d'Indiens. Ceux qui ne pouvaient pas s'expliquer autrement, parce
que nous n'entendions pas leur langue, se mettaient à genoux
et nous prenaient les mains pour les baiser. Ils tiraient des chapelets
et des médailles de leur col pour montrer qu'ils étaient
catholiques ; ils pleuraient et se frappaient la poitrine.
| Les sentiments
des catholiques du cap à notre arrivée. |
|
Ce langage du coeur beaucoup plus touchant que toutes les paroles, nous
attendrissait infiniment, et nous obligeait d'embrasser ces pauvres
gens, que la charité de Jésus-Christ nous faisaient regarder
comme nos frères. Nous les consolions le mieux qu'il nous était
possible, les exhortant tous à persévérer dans
la foi de Jésus-Christ, à servir leurs maîtres avec
soumission, et avec fidélité, à supporter leurs
peines avec patience ; nous leur recommandions particulièrement
d'examiner leur conscience le soir, et d'honorer la sainte Vierge comme
celle qui pouvait leur obtenir plus de grâces pour vivre chrétiennement,
et pour se défendre de l'hérésie. Ceux qui parlaient
français, latin, espagnol, ou portugais furent confessés.
On visita les malades dans leurs maisons et dans l'hôpital. C'est
tout ce qu'on pût faire en si peu de temps pour leur consolation,
eux n'ayant pas la liberté de venir à notre bord pour
entendre la messe, ni nous celle de la dire sur la terre.
| On soupçonne
les jésuites d'administrer les sacrements. |
|
Cependant il faut qu'on nous ait soupçonnés au Cap de
leur avoir porté la communion. Car deux de nos pères revenant
un jour du vaisseau avec un microscope dans la main, couvert de maroquin
doré, deux ou trois habitants qui se promenaient sur le rivage,
s'imaginèrent que c'était le Saint-Sacrement qu'on portait
aux catholiques dans une boîte. Ils s'approchèrent du père
pour en savoir la vérité ; le père leur dit ce
que c'était, et pour les en convaincre les fit regarder dans
le microscope. Alors l'un d'eux prenant la parole, je l'avais crû,
dit-il, Monsieur, parce que je sais que vous êtes les plus grands
ennemis de notre religion. A ces paroles nous nous prîmes à
sourire, et sans y répondre, nous allâmes droit à
la forteresse.
Il ne me reste plus pour finir ce qui regarde le cap
de Bonne-Espérance, que de dire ce que nous avons appris de
l'état du pays : Car quelques-uns de nos pères étaient
chargés de s'en instruire, tandis que les autres travaillaient
aux observations. Dans cette vue nous tâchâmes de nous
informer de M. Van der Stel, dans les différents entretiens
que nous eûmes avec lui, de tout ce qui pouvait contribuer à
ce dessein ; et nous fîmes connaissance avec un jeune médecin
de Breslau en Silésie, nommé M. Claudius (18),
que les Hollandais entretiennent au cap à cause de sa capacité.
Comme il a déjà voyagé dans la Chine et au Japon,
où il s'est accoutumé à remarquer tout, et qu'il
dessine et peint en perfection les animaux et les plantes, les Hollandais
l'on arrêté-là pour les aider à faire leurs
nouvelles découvertes des terres, et pour y travailler à
l'histoire naturelle d'Afrique. Il a déjà achevé
deux gros volume in folio de diverses plantes, qui sont peintes au
naturel, et il en a ramassé de toutes les espèces qu'il
a collées dans un autre volume. Sans doute que M. Van Reede
qui avait toujours ces livres chez lui, et qui nous les fit voir,
a pris le dessein de donner bientôt un Hortus Africus
au public, après son Hortus Malabaricus. Si ces livres
eussent été à vendre nous n'eussions rien épargné
pour les envoyer à la bibliothèque du roi. Comme ce
savant médecin a déjà fait quelques voyages jusqu'à
six-vingts lieues avant dans les terres vers le nord et vers l'est,
pour y faire de nouvelles découvertes, c'est de lui que nous
avons tiré toutes les connaissances que nous avons de ce pays,
dont il nous donna une petite carte faite de sa main avec quelques
figures des habitants du pays et des animaux les plus rares que j'ai
fait ajouter ici. Voici ce que nous en avons appris de plus remarquable.
Les Hollandais ayant reconnu qu'un établissement
en ce lieu serait commode pour les vaisseaux, qu'ils envoient tous
les ans aux Indes, traitèrent avec les principaux chefs de
cette nation, lesquels consentirent pour une certaine quantité
de tac et d'eau-de-vie à leur céder ce pays-là
et à se retirer plus avant dans les terres.
| Établissement
des Hollandais au Cap. |
|
Cet accord fut fait environ l'an 1653. Depuis ce temps-là ils
ont beaucoup travaillé pour se bien établir au Cap. Ils
y ont à présent un grand bourg avec un fort de cinq bastions,
qui commande toute la rade. L'air y est très bon, la terre excellente,
les blés y croissent comme en Europe. On y a planté des
vignes qui rapportent un vin très délicat.
NOTES :
1 - La relation de
Guy Tachard comprend une gravure de la baie du cap de Bonne-Espérance
:
Fig. I - La baie du cap de Bonne-Espérance. Gravure publiée
dans le Voyage de Siam.
Navire dans la baie du Cap. Tableau du XIXe siècle.
Vue des montagnes de la Table et du Lion. retour
2
- L'île Robben, littéralement l'île des
Phoques en allemand, où les Hollandais envoient en exil
tous ceux dont ils sont mécontents. (Voyage du sieur Luillier
aux Grandes Indes, avec une instruction pour le commerce des Indes
orientales. A Paris, chez Claude Cellier, 1705). Découverte
par Bartolomeu Dia en 1488, en même temps que le cap de Bonne-Espérance,
l'île fut très tôt le lieu de captivité
de tous les indésirables et des opposants à la politique
de la Compagnie. Le premier prisonnier politique aurait été
un certain Autshumato en 1658. Il aurait été également
le premier à s'en évader avec succès. Pendant
l'Apartheid, l'activité de la prison de l'île ne faiblit
pas, et de nombreux membres de l'ANC y furent incarcérés,
le plus célèbre étant Nelson Mandela, qui y resta
de 1962 à 1984, année où il fut transféré
dans la prison du Cap. Les derniers prisonniers politiques ne furent
libérés qu'en 1991. retour
3
- On trouve différentes orthographes de ce nom dans la relation
de Guy Tachard : Van Rheeden, Vanrheden, etc... Henrik-Adriaan
van Reede tot Drakestein Lord de Mijdrecht (1636-1691) venait
juste dêtre nommé commissaire général
par les 17 membres de la VOC (Verenigde Oostindische Compagnie). Cétait
un homme dune haute intelligence, également botaniste
passionné, auteur dun Hortus Malabaricus. retour
4
- Isaac de lOstal de Saint-Martin (1629 ?-1691) passionné
dhistoire, de langues et de botanique, était au service
de la Compagnie hollandaise à Batavia depuis 1662. retour
5
- Ici encore on trouve plusieurs orthographes de ce nom dans la relation
du père Tachard. Vanderstellen, Vanderstell, etc. Simon
van der Stel, (1639-1712), fils d'Adriaen van der Stel, gouverneur
de lîle Maurice entre 1639 et 1645. A cette époque,
Simon van der Stem nétait encore que commandant du Cap.
Il en obtiendra le titre de gouverneur à partir de 1691 et
jusquen 1699. son fils Wilhelm Adriaan van der Stel (1664-1723)
lui succèdera jusqu'à 1707. retour
6
- Sur cette question fondamentale du nombre de coups de canon tirés,
et dont l'importance n'échappera à personne, l'abbé
de Choisy nous donne sa version : Nous avons salué de sept
coups la forteresse qui nous a répondu dautant. Tous
les vaisseaux qui sont en rade, et même leur amiral, nous ont
salués de sept coups, de cinq et de trois. On leur en a rendu
tout autant : ils ont remercié chacun dun coup. Journal
de Choisy - 1er juin 1685. retour
7
- Vraisemblablement, une variété de Laurifolia Africana.
Dans sa Description du cap de Bonne-Espérance, Pierre
Kolben parle ainsi de ces arbustes : On trouve de ces différentes
espèces de lauriers dans toutes les contrées du Cap.
Comme les branches de ces arbres sont très nombreuses, et qu'elles
croissent fort serrées, ils peuvent être taillés
tout comme nous taillons les buis. Aussi les bordures des allées
des jardins de la Compagnie et des particuliers sont plantés
de ces arbres, auxquels on donne différentes formes. retour
8
- Hendrik van Reede publia en 1685 en décret qui autorisait
les esclaves hommes à acheter leur liberté pour 100
guldens, pourvu qu'ils soient confirmés dans l'Église
réformée hollandaise et âgés d'au moins
25 ans. Les mêmes conditions s'appliquaient aux femmes esclaves,
qui pouvaient racheter leur liberté à partir de 22 ans.
retour
9
- Nous avons retrouvé cette petite annonce passé au
début du XIXe siècle dans L'intermédiaire
des chercheurs et curieux : correspondance littéraire, "notes
and queries" français, questions et réponses, communications
divers à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde,
artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes,
etc. Vol 61 - 1910 : Jacques Thuret, horloger du roi : Thuau,
autre horloger. - Tout ce que je sais sur Jacques Thuret, horloger
du roi Louis XIV, c'est qu'il avait épousé Louise Berain,
morte le 20 mars 1715 aux galeries du Louvre. De qui était-il
fils et a-t-il laissé des descendants horlogers comme lui ?
Je l'ignore. C'était un homme de goût qui a signé
de belles oeuvres d'horlogerie. Quant à Thuau, horloger réputé
qui date d'une époque postérieure, je ne connais même
pas son prénom, encore moins sa famille. Prière de donner
des éclaircissements. HH - Nous ne désespérons
pas de satisfaire un jour la curiosité de HH, même avec
un siècle de retard. retour
10
- L'ouvrage du père Tachard est ici agrémenté
d'une suberbe illustration.
Fig. II - Le fort des Hollandais au cap de Bonne-Espérance. retour
11
- Cruzeiro do Sul, la Croix du Sud. Ce n'est qu'à partir
du XVIIe siècle que cette constellation a été
dissociée du Cantaure. Elle était très utile
aux navigateurs, car son bras le plus long pointe en direction du
pôle sud céleste. A noter que la Croix du Sud est représentée
sur les drapeaux d'Australie, de Nouvelle-Zélande et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
La cinquième petite étoile est l'epsilon de la constellation.
retour
12
- Jean Bayer, né à Augsbourg, vers la fin du XVIe
siècle, exerça le ministère évangélique
en différents endroits avec un zéle ardent qui lui attira
de fâcheuses affaires, et se distingua dans l'astronomie, ce
qui lui valut d'être anobli, en 1669, par l'empereur Léopold.
On lui doit un excellent ouvrage intitulé ; Uranometria,
publé en 1603, dont il donna en 1627 une seconde édition
considérablement augemntée, sous ce titre : Calum
stellatum christianum, réimprimée à Ulm en
1723. C'est une description des constellations, accompagnée
de cartes célestes ; l'auteur y marque les étoiles de
chaque constellation par des lettres grecques. Chaque étoile
a son caractère distinctif, par lequel on peut la désigner,
sans avoir besoin de se charger la mémoire d'une multitude
de noms. Il a cependant dessiné sur ces cartes les figures
des anciennes constallations, et leur a laissé les noms tirés
de fables grecques, auxquels l'imagination était trop accoutumée
pour y renoncer. Biographie universelle ancienne et moderne Michaud,
Louis-Gabriel. retour
13-
Acrux, l'alpha de la Croix du Sud, est effectivement une étoile
double composée de deux supergéantes bleues séparées
par 4,4". retour
14
- Castor, l'alpha des Gémeaux, est un une étoile
double, dont chacune des composantes est constituée de deux
étoiles. On a trouvé un troisième astre, Castor
C, lui même composé de deux étoiles. Le système
tel que nous le connaissons aujourd'hui comprend donc six éléments.
retour
15
- La constellation du Navire a été disloquée
en quatre constellations par l'astronome Gould en 1877. Ces constellations
sont aujourd'hui : la Carène, la Poupe, la Voile, et la Boussole,
Pyxis Nautica qui avait déjà été
isolée par par l'abbé Nicolas-Louis de La Caille en
1752. retour
16
- Paris se trouve à 2.20 de longitude est par rapport au méridien
de Grenwich, et le Cap à 18.22. Le père Tachard n'a
pas encore suffisamment corrigé les cartes, puisque la différente
entre les deux villes n'est que de 16.02 degrés. retour
17
- Le quelque temps se réduisit à la nuit
du 3 au 4 juin, et la nuit suivante, l'abbé de Choisy alla
dormir à bord de l'Oiseau. Quant à son rôle dans
les observations des savants jésuites, ainsi qu'il le dit lui-même,
il n'a pas été tout à fait inutile : pendant
que le père de Fontanay était à sa lunette et
que les autres avaient soin des pendules, je disais quelquefois une,
deux, trois, quatre, pour marquer les secondes. Journal de
Choisy - 4 juin 1684 retour
18
- Hendrik Claudius de Breslau était un dessinateur de
grand talent. Il accompagna van der Stel lors d'une expédition
dans les terres des Namaquas en 1685-86 et fit à cette occasion
un grand nombre de dessins. Beaucoup de ces dessins ont servi à
illustrer l'ouvrage de Johannes Burman, Rariorum africanarum plantarum
publié à Amsterdam en 1738. Les illustrations des
animaux de Siam du père Tachard sont également de la
main de Claudius de Breslau.
Illustration du Rariorum africanarum plantarum de Burman gravé
d'après Claudius de Breslau. retour