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Voyage de Siam
de Guy Tachard

Livre second
(première partie)
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Voyage du cap de Bonne-Espérance à l'île de Java.

La description du cap de Bonne-Espérance  
Le cap de Bonne-Espérance, de la manière qu'on le voit en venant d'Europe, est une longue suite de montagnes qui s'étendent du Septentrion au Midi, et qui finissent en pointe dans la mer. Les deux premières, que nous apercûmes à dix lieues de cette pointe, sont les montagnes de la Table et du Lion. Nous découvrîmes celle de la Table la première : on l'appelle de ce nom parce que le sommet est fort plat et ressemble assez à une table. Celle du Lion est ainsi nommée, parce qu'elle a à peu près la figure d'un lion couché sur le ventre. Quoiqu'elle soit plus avancée vers la mer que l'autre, nous ne la vîmes d'après ; il semble de loin que ce ne soit qu'une seule montagne (1): aussi ne sont-elles pas fort éloignées l'une de l'autre. Au bas de ces montagnes une grande baie s'avance en ovale deux ou trois lieues dans les terres vers l'Orient, elle a près de deux lieues à son entrée et environ neuf de circuit. Toute la côte en est saine du côté du sud vers les montagnes : partout ailleurs près de terre, il y a du danger. M. le commissaire général de la Compagnie des Indes, dont on parlera beaucoup dans la suite, nous dit un jour qu'il avait souvent eu peur, nous voyant approcher si près des terres dans les bordées que nous faisions ; jusque-là qu'il avait délibéré de nous tirer un coup de canon à balle, pour nous avertir par ce signal de nous tenir au large, en attendant un vent plus favorable.

C'est vers le milieu de cette baie que les Hollandais ont placé un fort pentagone au-dessous de la montagne de la Table, qui le couvre du côté du Midi, et derrière celle du Lion, qui le met à l'abri du côté de l'Occident, à une lieue de terre ou environ. On laisse sur la gauche en entrant une île assez basse nommée l'île Robin (2), au milieu de laquelle les Hollandais ont arboré leur pavillon. Ils y relèguent ceux du pays, et même ceux qui Indes qu'ils veulent punir de bannissement et les obligent d'y travailler à la chaux, qu'ils font des coquillages que la mer y jette.

On court risque d'échouer allant au mouillage du Cap.  
Comme le temps était favorable pour entrer dans la baie, nous espérions mouiller sur les dix heures du matin ; mais le vent nous ayant manqué tout d'un coup à l'entrée, nous nous trouvâmes pendant le calme dans un courant, qui nous portait fort vite sur une roche du côté de l'île Robin, où nous voyions les vagues se briser avec beaucoup de violence. On mit aussitôt le canot et la chaloupe à la mer pour nous remorquer et nous tirer de ce mauvais pas. Mais malgré la prévoyance des officiers et la diligence de l'équipage à exécuter leurs ordres, nous ne laissions pas d'être en grand danger de toucher contre cette roche par la rapidité du courant ou de la marée qui nous emportait ; et on n'était pas à demi-lieue de ce brisant, lorsque tout à coup il s'éleva un vent de terre qui nous obligea de remorquer à notre tour la chaloupe et nous mit bientôt hors d'intrigue. Nous y perdîmes pourtant deux huniers (ce sont deux voiles médiocres) que la violence du vent enfonça.

La passe c'est un petit détroit formé par deux terres qui s'avancent.  
Comme nous fûmes obligés de louvoyer tout le jour dans la passe avec de grandes fatigues, c'est-à-dire, de faire plusieurs bordées tantôt d'un côté et tantôt d'un autre, nous ne pûmes attraper le mouillage qu'au commencement de la nuit. Encore fallut-il le lendemain relever l'ancre pour s'approcher du fort et se mettre sous les montagnes à l'abri des vents d'ouest extrêmement violents et qui règnent en cet endroit durant l'hiver, où nous étions alors.

Nos vaisseaux mouillèrent au milieu de quatre navires hollandais.  
Nous mouillâmes donc le lendemain à cent cinquante pas du fort. Il y avait quatre gros vaisseaux à la rade du cap venus de Hollande depuis un mois, quoi qu'ils fussent partis plus de deux mois avant nous. Le premier portait une flamme d'amiral au-dessous du pavillon, pour marque du commandement souverain que la Compagnie de Hollande s'attribue dans les Indes. Il était monté par le baron van Reede (3), que la Compagnie des Indes envoyait avec le titre de commissaire général, pour visiter toutes les places qu'elle tient en ce pays-là. Il avait un plein pouvoir d'ordonner de tout, de changer les officiers des comptoirs et même les gouverneurs des places, s'il le jugeait à propos. Le second était commandé par le baron de Saint Martin (4), français de nation et major général de Batavia, commandant en cette qualité toutes les troupes de la république dans les Indes. Le sieur Bocheros, ancien capitaine de vaisseau et conseiller de M. Van Rheden durant le temps de sa commission, montait le troisième. Le quatrième était à la suite de M. de Saint Martin, qui devait se rendre incessamment à Batavia.

Tous ces messieurs auxquels il faut joindre M. van der Stel (5), gouverneur, ou pour parler comme les Hollandais, commandeur du Cap, sont d'un mérite singulier, et ce fut une heureuse rencontre pour nous d'avoir à traiter avec eux, durant le séjour que nous y fîmes.

Les Hollandais envoient reconnaître nos vaisseaux.  
Nous avions à peine mouillé, que deux chaloupes arrivèrent à bord, pour savoir qui nous étions, et le lendemain sur les sept heures du matin le commissaire général envoya complimenter M. l'ambassadeur, qui de son côté fit aller M. le chevalier de Forbin, lieutenant du bord, et trois autres officiers à terre pour le saluer, et le prier de nous permettre de faire de l'eau et de prendre les rafraîchissements nécessaires.

L'ambassadeur envoie complimenter le gouverneur du Cap.  
Il y consentit avec beaucoup d'honnêteté, et ayant su qu'il y avait plusieurs gentilshommes à la suite de M. l'ambassadeur, il les fit inviter à venir chasser à terre. Il demanda s'il n'y avait point de jésuite dans notre vaisseau. Il est probable que ceux qui étaient venus la veille et qui nous avaient assez remarqués lui avaient parlé de nous à leur retour. M. de Forbin répondit que nous étions six, qui allions à la Chine, et qu'il y avait aussi dans le bord des ecclésiastiques qui allaient à Siam.

Après cela on parla du salut, et l'on convint que la forteresse rendrait coup pour coup, quand notre vaisseau l'aurait saluée. Cet article fut mal expliqué ou mal entendu par ces Messieurs : car M. l'ambassadeur, sur les dix heures, ayant fait tirer sept coups de canon, l'amiral répondit de cinq coups seulement et la forteresse ne tira point. M. l'ambassadeur renvoya aussitôt à terre, et l'on arrêta que le salut de l'Amiral ne serait compté pour rien. Ainsi la forteresse tira sept coups, l'amiral sept coups, et les autres navires cinq pour saluer le vaisseau du roi, qui rendit le salut : le fort et les vaisseaux le remercièrent (6). On prépara ensuite les chaloupes, et l'on ne pensa plus qu'à s'aller délasser à terre des fatigues passées.

Les jésuites vont rendre visite au gouverneur du cap.  
Dès que nous fûmes arrivés dans cette baie, nous trouvâmes ce lieu si propre pour faire des observations, que nous résolûmes sur-le-champ de chercher les moyens de les faire. Il fallait pour cela prendre une maison commode, y faire transporter nos instruments, et y pouvoir travailler jour et nuit, pendant le peu de temps que nous avions à y demeurer. Il y avait de la difficulté : des jésuites mathématiciens et divers instruments portés à terre pouvaient bien blesser la délicatesse d'un gouverneur hollandais dans une colonie assez nouvelle, et lui faire soupçonner quelque autre chose que ce que nous prétendions. On nous conseilla même de nous déguiser et de ne pas paraître jésuites : mais nous ne le jugeâmes pas à propos, et nous reconnûmes dans la suite que notre habit ne nous avait point fait de tort.

Après y avoir pensé, il fut résolu que le père Fontenay et moi iraient visiter le commissaire général et le gouverneur de la place avant que les autres missent pied à terre ; et que si dans la conversation on trouvait ouverture à proposer notre dessein, on se servirait de l'occasion. Nous allâmes donc sans autre recommandation droit à la forteresse. La sentinelle nous arrêta à la première porte, selon la coutume des places de guerre, jusqu'à ce que l'officier de garde étant arrivé, et ayant su que nous venions rendre visite au commissaire général et au gouverneur, il commanda qu'on nous laissât entrer, et nous donna un soldat pour nous conduire à leur appartement.

Cette maison consiste dans un grand corps de logis à deux étages et fort solidement bâti. Il y a au-dessus une très belle terrasse pavée de grandes pierres de taille, avec des balcons et des balustrades de fer à l'entour ; on y va ordinairement prendre le frais. Ce pays est dans un air si tempéré, qu'il n'y fait jamais beaucoup de froid, que quand le vent du midi souffle ; et quoique nous fussions alors au milieu de l'hiver par rapport à ce climat, la chaleur s'y faisait assez sentir durant le jour, pour nous obliger à cherche le frais sur le soir.

Le climat du cap de Bonne-Espérance est extrêmement tempéré.  
Nous entrâmes d'abord dans une grande salle où l'on fait le prêche tous les dimanches, en attendant qu'on ait achevé de bâtir le temple, qu'on a commencé hors du fort. Il y a aux deux côtés de cette salle d'assez beaux appartements : on nous fit entrer dans celui qui est à main gauche, où nous fûmes reçus par M. de Van der Stel, et où un moment après M. le baron de van Reede nous vint trouver. C'est un homme de qualité âgé d'environ cinquante ans, bien fait, honnête, sage, civil, savant, qui juge et parle bien de tout. Nous fûmes extrêmement surpris de trouver tant de politesse au cap de Bonne-Espérance, et beaucoup plus encore de toutes les honnêtetés et les marques d'amitié que nous y reçûmes de cette première entrevue. Le père de Fontenay à qui dans cette occasion je servais d'interprète en portugais, voyant de si heureuses dispositions à notre dessein, dit à M. le commissaire général que nous étions six jésuites qui allions aux Indes et à la Chine ; que comme nous n'étions guère accoutumés aux fatigues de la mer, nous avions besoin de prendre un peu l'air de terre, pour nous remettre après un si longue navigation ; que nous n'avions pas osé le faire sans savoir s'ils en seraient contents. M. le commissaire général ne me permit pas de lui expliquer tout ce que le père de Fontenay avait dit, et m'interrompant aussitôt : vous nous ferez le plus grand plaisir du monde, mes pères, nous dit-il en portugais, de venir vous délasser à terre , nous ferons tout de que nous pourrons pour contribuer à vous remettre de vos fatigues.

Les jésuites sont parfaitement bien reçus des Hollandais.  
Cette réponse si favorable nous fit passer outre. Nous lui dîmes qu'étant à terre nous serions bien aises de travailler pour l'utilité publique, et de lui faire part ensuite de nos observations ; afin de reconnaître par-là en quelque manière les bontés qu'il avait pour nous : qu'en partant de France, nous avions embarqué divers instruments de mathématique, parmi lesquels il y en avait de fort propres pour trouver la véritable longitude des pays où l'on passait, sans avoir besoin des éclipses de lune ni de soleil : nous lui expliquâmes la nouvelle façon d'observer les satellites de Jupiter, dont le savant M. Cassini a fait de si belles tables. J'ajoutai que nous rendrions par-là un grand service à leurs pilotes, en leur donnant la longitude assurée du cap de Bonne-Espérance, qu'il ne connaissaient que par leur estime ; moyen fort douteux qui les trompait souvent et d'une manière fort considérable. Il nous dit que nous lui ferions plaisir, et que puisque nous voulions travailler à cette découverte, il nous offrait un lieu fort propre pour observer. En même temps il ordonna qu'on préparât un pavillon, qui était dans le jardin de la Compagnie, afin de nous y loger, tandis que M. l'ambassadeur était en rade.

Les honnêtetés de M. de Van Rheden.  
Nous lui répondîmes que l'honnêteté qu'il nous faisait s'étendrait plus loin, et que nous espérions que M. l'ambassadeur aurait la bonté de l'en remercier et de prendre part à ce bienfait. Alors nous lui montrâmes nos lettres de mathématiciens du roi, dont nous avons déjà parlé. Vous augmentez ma joie, mes pères, reprit alors M. le Commissaire, en me faisait voir que j'exécute la volonté et les ordres du plus grand roi du monde, pour qui j'aurai toute ma vie un très profond respect ; cependant je ne suis pas fâché que vous ne m'en ayez parlé qu'après vous avoir obligé d'accepter un logis que je vous offre de tout mon coeur. On nous apporta du thé, comme c'est la coutume parmi les peuples des Indes d'orient ; et après avoir parlé assez longtemps de beaucoup de choses différentes, nous prîmes congé de ces messieurs pour nous retirer. M. le commandeur nous suivit pour nous mener à cet appartement, qu'on nous avait offert dans le grand jardin de la Compagnie.

La description du beau jardin que la Compagnie hollandaise entretient au cap de Bonne-Espérance.  
Nous fûmes fort surpris de trouver un des plus beaux jardins et des plus curieux que j'aie jamais vu, dans un pays qui paraît le plus stérile et le plus affreux du monde. Il est placé au-dessus des habitations, entre le bourg et la montagne de la Table, et à côté du fort, dont il n'est éloigné que de deux cents pas ou environ. Il a mille quatre cent onze pas communs de longueur et deux cent trente-cinq de largeur. Sa beauté ne consiste pas comme en France dans des compartiments et des parterres de fleurs, ni en des eaux jaillissantes : il pourrait y en avoir, si la Compagnie de Hollande voulait en faire la dépense, Car il y a un ruisseau d'eau vive qui descend de la montagne et qui traverse le jardin. Mais on y voit des allées à perte de vue, de citronniers, de grenadiers, d'orangers plantés en plein sol, et qui sont à couvert du vent par de hautes et épaisses palissades d'une espèce de laurier qu'ils appelles spek (7), toujours vert et assez semblable au filaria. Ce jardin est partagé par la disposition des allées en plusieurs carrés médiocres, dont les uns sont pleins d'arbres fruitiers, entre lesquels, outre les pommiers, les poiriers, les coigniers, les abricotiers et les autres excellents fruits d'Europe, on y voit encore des ananas, des bananiers et plusieurs autres qui portent les plus rares fruits, qui soient dans toutes les parties du monde, qu'on y a transportés et qu'on y cultive avec beaucoup de soin. Les autres carrés sont semés de racines, de légumes et d'herbes, et quelques-uns de fleurs les plus estimées en Europe et d'autres que nous ne connaissons pas, qui sont d'une odeur et d'une beauté particulières. Messieurs de la Compagnie des Indes à qui il appartient, comme nous avons déjà dit, l'ont fait faire afin d'avoir toujours en ce lieu comme un magasin de toutes sortes de rafraîchissements pour leurs vaisseaux qui vont aux Indes ou qui en reviennent, et qui ne manquent jamais de toucher au cap de Bonne-Espérance.

Tous les vaisseaux hollandais ont ordre de toucher au cap de Bonne-Espérance.  
Les vaisseaux qui viennent des Indes y arrivent au commencement de mars, ou seuls ou plusieurs ensemble, et il y attendent la flotte d'Europe qui s'y rend au mois d'avril. Par ce moyen ils savent les nouvelles, s'ils sont en guerre ou non ; et en partent tous ensemble pour se mettre par le grand nombre, et la force de leurs vaisseaux hors d'état de recevoir aucune insulte des corsaires, ou de leurs ennemis.

A l'entrée du jardin, on a bâti un grand corps de logis, où demeurent les esclaves de la Compagnie, qui sont à ce qu'on dit au nombre de cinq cents, dont une partie est employée à cultiver le jardin, et le reste aux autres travaux nécessaires (8). Vers le milieu de la muraille, du côté qui regarde la forteresse, est un petit pavillon que personne n'habite ; l'étage d'en bas contient un vestibule percé du côté du jardin, et du fort, qui est accompagné de deux salons de chaque côté. Il y a au-dessus un cabinet ouvert de toutes parts, entre deux terrasses pavées de briques et entourées de balustrades, dont l'une regarde le septentrion, et l'autre le midi. Ce pavillon paraissait être fait exprès pour notre dessein. Car d'un côté l'on découvrait tout le nord, dont la vue nous était surtout nécessaire, parce que c'est le midi par rapport à ce pays-là. Tandis que l'on préparait ce pavillon, que j'appellerai avec les Hollandais notre observatoire, nous retournâmes à bord, pour rendre compte à M. l'ambassadeur et à nos pères de tout ce qui s'était passé.

M. l'ambassadeur et M. le Commissaire se font beaucoup d'honnêtetés.  
Le lendemain M. le commissaire et M. le commandeur envoyèrent à bord toutes sortes de rafraîchissements. L'officier qui était chargé de faire ce présent à M. l'ambassadeur de leur part, nous dit que ces messieurs nous avaient aussi envoyé un canot pour nous y embarquer avec nos instruments de mathématique. Comme nous avions préparé pendant la nuit ceux dont nous croyions avoir besoin, on les mit dans ce canot ; et nous nous rendîmes ainsi à l'observatoire le deuxième juin de l'année mil six cent quatre-vingt cinq.

On commence à faire les observations.  
Une pendule à secondes, faite à Paris chez M. Thuret (9) ayant été mise à une heure approchante de celle qu'il pouvait être, sans savoir encore la véritable, on commença les observations suivantes.

Le premier satellite paraissait le soir éloigné de Jupiter un peu moins que le diamètre de Jupiter à onze heures, trois minutes de l'horloge non encore corrigée.

On voyait par la lunette deux bandes parallèles sur le corps de Jupiter ; une plus large vers le bord méridional, et l'autre plus étroite vers le septentrional.

Le premier satellite commençait à toucher le bord de Jupiter à 11 heures 57' 30''
On ne voyait plus le satellite à 11 heures 58'. 50''.

Ces observations furent faites avec une excellente lunette de douze pieds de feu M. le Bas : les heures sont toujours celles de la pendule non corrigée.

On observa continuellement Jupiter jusqu'à 2 heures 5 min. après minuit, auquel temps il se cacha derrière la montagne du Lion, qui bornait la vue du côté de l'Occident, si bien qu'on ne pût voir ce jour-là l'émersion du premier satellite.

Le troisième de juin 1685.

Pour vérifier l'heure de l'horloge

Hauteurs avant midi, heures de l'horloge

 

Deg
Min.
Sec.
Heur.
Min.
Sec.
20
16
0.
9
35
38
22
56
20.
9
34
47
24
11
0.
10
4
50
24
39
55.
10
8
48


Observation douteuse.  

Hauteurs après midi, heures de l'horloge

 

D
Sec.
Min.
H.
Sec.
Min.
24
39
55
0.
observation manquée
24
11
0
2
50
19
22
56
20
2
57
40
0
26
0
3
16
38

Ces hauteurs ont été prises avec un quart de nonante de dix-huit pouces de rayon fait à Paris chez M. Butterfield.

Il faut remarquer que ces hauteur du soleil n'ont pas été du même bord, le matin nous prenions la hauteur du bord supérieur et le soir de l'inférieur seulement, il faut y prendre garde (10).

Pour la variation de l'aimant.

Par le cadran équinoxial du sieur Butterfield, qui porte sous le méridien une grande boussole. La variation de l'aimant fut trouvée de onze degrés et demi Nord-ouest.

Le soir n'y ayant point d'observations particulières à faire, on considéra diverses étoiles fixes avec la lunette de douze pieds.

Diverses observations pour les étoiles du Sud.  
Le pied du Cruzero (11) marqué dans Bayer (12) est une étoile double, c'est-à-dire composée de deux belles étoiles éloignées l'une de l'autre d'environ leur diamètre seulement (13), à peu près comme la plus septentrionale des Jumeaux (14); sans parler d'une troisième beaucoup plus petite qu'on y voit encore, mais plus loin de ces deux.

Il y a plusieurs endroits sous le Cruzero dans la voie lactée, qui paraissent remplis d'une infinité d'étoiles avec la lunette.

Les deux nuages qui sont proches du pôle méridional ne paraissaient pas un amas d'étoile, comme Proesepe Cancri ni même une lueur sombre comme la nébuleuse d'Andromède ; on n'y voit presque rien avec les grandes lunettes, quoique sans lunette on les voit fort blancs, principalement le grand nuage.

Rien n'est si beau dans le ciel que les constellations du Centaure et du Navire (15). Il n'y a pas de belles étoiles proches du pôle ; mais il y en a quantité de petites. Bayer et les autres livres qui en parlent, en omettent plusieurs, et la plupart de celles qu'ils mettent ne paraissent pas au ciel dans la même situation.

Le quatrième de juin 1685.

Pour vérifier l'heure de l'horloge.
Hauteurs avant midi. Heures de l'horloge.

 

D.
M.
S.
H.
M.
S.
22
23
0.
9
50
47
23
31
50.
10
0
32
24
37
30.
10
9
18
25
53
20.
10
20
29

Heures après midi. Heures de l'horloge.

 

D.
M.
S.
H.
M.
S.
25
53
20.
2
32
33
24
37
30.
2
52
47
23
31
50.
2
52
47
22
23
0.
3
1
38

Le fil horizontal de la lunette n'était pas tout à fait parallèle à l'horizon, on a toujours tâché d'y suppléer dans les vérifications de l'horloge, en faisant passer le bord du soleil par le même endroit du fil à peu près.

Il faut toujours prendre garde que ce sont des hauteurs de divers bords du soleil, le matin du bord supérieur, et le soir de l'inférieur.

Entrevue de M. l'ambassadeur et de M. le Commissaire général.  
Le lundi après dîner nous allâmes au fort voir ces messieurs, pour leur rendre compte des observations, que nous avions déjà faites, et de celle que nous devions faire ce soir-là, sur laquelle seule on pouvait régler la vraie longitude du Cap. A notre retour tous ces messieurs voulurent venir avec nous pour être témoins de cette observation. Nous étions ensemble sur la terrasse occupés à leur montrer nos instruments, qu'ils trouvèrent fort beaux et fort curieux, lorsque nous aperçûmes M. l'ambassadeur, qui étant venu incognito la veille pour se promener dans le jardin, l'avait trouvé si agréable qu'il y était revenu le lendemain et se promenait dans une allée accompagné de la plupart des officiers des deux vaisseaux et des gentilshommes de sa suite. M. l'ambassadeur et M. le commissaire s'étaient rendus de grandes civilités dès notre arrivée, et depuis il ne se passait point de jour qu'il ne s'envoyassent quelques présents. M. van Reede l'ayant aperçu de descendit aussitôt de dessus la terrasse où il observait avec nous, et après un ou deux tours d'allées, M. l'ambassadeur et lui s'étant rencontrés comme par hasard, leur entrevue se passa avec une entière satisfaction de part et d'autre.

Émersion du premier satellite de Jupiter observée.  
Après qu'on se fut séparé, M. le commissaire avec messieurs de Saint Martin, van der Stel et Bocheros demeurèrent avec nous dans l'observatoire jusqu'à dix heures du soir. L'émersion du premier satellite se fit à dix heures 5 Min. 40. Sec. De l'horloge non corrigée. Nous prîmes la ligne méridienne de la terrasse septentrionale et la hauteur méridienne du soleil ; mais nous ne nous en voulûmes par servir, parce que l'opération ne fut pas assez sûre.

Après l'émersion du premier satellite de l'ombre de Jupiter, ayant comparé ensemble les observations des hauteurs du soleil prises le matin et le soir du troisième et du quatrième de juin, et eu égard à la différence du temps entre les mêmes hauteurs du bord supérieur et du bord inférieur du soleil, à cause que l'on avait observé le matin le bord supérieur et le soir le bord inférieur, on trouva que la pendule anticipait l'un et l'autre jour, à l'égard du soleil, de vingt-huit minutes.

A l'instant de l'émersion du premier satellite la pendule avait montré 10 heures 5. min. 40. sec. d'où ayant ôté 28 minutes.

Reste le vrai temps de l'émersion 9. heures 37. min. 40 sec.

Les éphémérides de M. Cassini calculées à minutes donnaient le temps de cette émersion au méridien de Paris à 8 heures 26 min.

Mais ses tables des éclipses calculées à secondes donnaient la même émersion à 8 heures 25 ??? min. 40. sec.

Les ayant ôtées des heures observées au cap de Bonne-Espérance 9. heures 37. min. 40.sec.

Différence des méridiens du cap de Bonne-Espérance et de Paris.  
Reste la différence des méridiens entre le cap de Bonne-Espérance et Paris d'une heure 12. minutes, qui font 18 degrés de différence de longitude (16); et ayant supposé la longitude de Paris prise du premier méridien qui passe par l'île de Fer la plus occidentale des Canaries de 22. degrés et demi, selon le même auteur, la longitude du cap de Bonne-Espérance prise du même méridien sera de quarante degrés et demi, peu différente de celle que donnent les cartes modernes.

Le lendemain mardi cinquième de juin sur les dix heures ces messieurs revinrent à l'observatoire, et y demeurèrent jusque vers les deux heures après midi, pour voir prendre la hauteur et la distance de la montagne de la Table, et considérer nos instruments. On leur montra particulièrement l'usage du cadran équinoxial, par le moyen duquel encore ce jour-là nous trouvâmes la variation de l'aimant de onze degrés et demi nord-ouest.

Avantages qu'on tire des observations qu'on a faites au cap.  
Ainsi l'on peut tirer deux avantages de ces observations. Le premier est la variation de l'aimant que nous trouvâmes avec l'anneau astronomique d'onze degrés et demi nord-ouest. Et le second la longitude véritable du Cap, que nous réglâmes sur cette émersion du premier satellite de Jupiter, qui devant paraître à huit heures vingt-six minutes sur l'horizon de Paris, et ayant été observée au Cap à neuf heures 37 min. 40. sec. du soir, donne une heure 12. minutes 40. sec. de différence entre les deux méridiens des deux lieux, qui convertis en degrés, en font dix-huit, et par conséquent les cartes sont défectueuses et marquent le Cap plus oriental de près de trois degrés, qu'il n'est en effet. M. l'abbé de Choisy en voulut être témoin, et se réduisit à mener avec nous la vie d'observateur durant quelque temps (17).

M. le Commandeur envoie divers présents aux jésuites.  
Sur le soir on nos envoya dire du vaisseau, qu'il fallait s'y rendre le jour suivant de bonne heure ; nous allâmes aussitôt tous six à la forteresse prendre congé des messieurs les Hollandais, et leur témoigner notre reconnaissance ; car il est vrai qu'on ne peut rien ajouter ni aux honnêtetés, ni au bon traitement que nous en avons reçus. Nous trouvâmes encore en entrant dans le vaisseau des présents de thé, et de vin de Canarie, que M. le gouverneur nous envoyait, qui se sentit obligé d'un microscope et d'un petit miroir ardent que nous lui présentâmes.

Tous ces messieurs parurent extrêmement touchés de notre départ. Nous prions Dieu, disaient-ils, en nous embrassant tendrement, que les desseins pour lesquels vous allez à la Chine réussissent heureusement, et que vous ameniez un grand nombre d'infidèles à la connaissance du vrai Dieu. Nous les quittâmes enfin fort touchés nous-mêmes de leurs bons sentiments et de leurs honnêtetés.

Poissons curieux qu'on a fait venir de Japon.  
En passant par l'appartement du gouverneur, il nous fit voir dans une cuve pleine d'eau deux petits poissons longs seulement d'un doigt. Les Portugais en appellent un poisson d'or, et l'autre poisson d'argent, parce qu'en effet la queue du mâle paraît d'or, et celle de la femelle d'argent. Il nous dit que ces poissons venaient de la Chine, et que les personnes de qualité de ces pays aussi bien que les Japonais les estiment extrêmement, et en gardent dans leurs maisons par curiosité. Nous en avons vu depuis dans le palais du général de Batavia, et à Siam dans celui du seigneur Constance, ministre de ce royaume, et chez quelques mandarins chinois. Comme M. l'ambassadeur avait prié M. van Reede d'écrire au général de Batavia, afin qu'il nous donnât un pilote pour aller à Siam, M. le commissaire qui reçut avec plaisir cette commission, envoya le lendemain à M. l'ambassadeur une lettre fort obligeante pour ce général, dans laquelle il n'oublia pas sur la fin d'y ajouter de lui même, et sans que nous l'en eussions prié, un article en notre faveur.

On se rembarque pour se mettre à la voile.  
Nous passâmes la nuit à remballer nos instruments, et le lendemain avant le jour nous les embarquâmes dans une chaloupe, que le commandant nous avait fait tenir prête, et ainsi nous retournâmes à bord.

Le soin qu'on a eu des catholiques du Cap.  
Voilà ce qui s'est passé au cap de Bonne-Espérance, au sujet de nos observations. Quoique nous les fissions jour et nuit, elles n'étaient pourtant pas notre seule occupation. A peine eûmes-nous pris possession de notre petit observatoire, que les catholiques de cette colonie, qui y sont en assez grand nombre, en furent avertis et en témoignèrent une très grande joie. Les matins et les soirs ils nous venaient trouver en secret. Il y en avait de tous les pays et de toutes les conditions, de libres, d'esclaves, de Français, d'Allemands, de Portugais, d'Espagnols, de Flamands et d'Indiens. Ceux qui ne pouvaient pas s'expliquer autrement, parce que nous n'entendions pas leur langue, se mettaient à genoux et nous prenaient les mains pour les baiser. Ils tiraient des chapelets et des médailles de leur col pour montrer qu'ils étaient catholiques ; ils pleuraient et se frappaient la poitrine.

Les sentiments des catholiques du cap à notre arrivée.  
Ce langage du coeur beaucoup plus touchant que toutes les paroles, nous attendrissait infiniment, et nous obligeait d'embrasser ces pauvres gens, que la charité de Jésus-Christ nous faisaient regarder comme nos frères. Nous les consolions le mieux qu'il nous était possible, les exhortant tous à persévérer dans la foi de Jésus-Christ, à servir leurs maîtres avec soumission, et avec fidélité, à supporter leurs peines avec patience ; nous leur recommandions particulièrement d'examiner leur conscience le soir, et d'honorer la sainte Vierge comme celle qui pouvait leur obtenir plus de grâces pour vivre chrétiennement, et pour se défendre de l'hérésie. Ceux qui parlaient français, latin, espagnol, ou portugais furent confessés. On visita les malades dans leurs maisons et dans l'hôpital. C'est tout ce qu'on pût faire en si peu de temps pour leur consolation, eux n'ayant pas la liberté de venir à notre bord pour entendre la messe, ni nous celle de la dire sur la terre.

On soupçonne les jésuites d'administrer les sacrements.  
Cependant il faut qu'on nous ait soupçonnés au Cap de leur avoir porté la communion. Car deux de nos pères revenant un jour du vaisseau avec un microscope dans la main, couvert de maroquin doré, deux ou trois habitants qui se promenaient sur le rivage, s'imaginèrent que c'était le Saint-Sacrement qu'on portait aux catholiques dans une boîte. Ils s'approchèrent du père pour en savoir la vérité ; le père leur dit ce que c'était, et pour les en convaincre les fit regarder dans le microscope. Alors l'un d'eux prenant la parole, je l'avais crû, dit-il, Monsieur, parce que je sais que vous êtes les plus grands ennemis de notre religion. A ces paroles nous nous prîmes à sourire, et sans y répondre, nous allâmes droit à la forteresse.

Il ne me reste plus pour finir ce qui regarde le cap de Bonne-Espérance, que de dire ce que nous avons appris de l'état du pays : Car quelques-uns de nos pères étaient chargés de s'en instruire, tandis que les autres travaillaient aux observations. Dans cette vue nous tâchâmes de nous informer de M. Van der Stel, dans les différents entretiens que nous eûmes avec lui, de tout ce qui pouvait contribuer à ce dessein ; et nous fîmes connaissance avec un jeune médecin de Breslau en Silésie, nommé M. Claudius (18), que les Hollandais entretiennent au cap à cause de sa capacité. Comme il a déjà voyagé dans la Chine et au Japon, où il s'est accoutumé à remarquer tout, et qu'il dessine et peint en perfection les animaux et les plantes, les Hollandais l'on arrêté-là pour les aider à faire leurs nouvelles découvertes des terres, et pour y travailler à l'histoire naturelle d'Afrique. Il a déjà achevé deux gros volume in folio de diverses plantes, qui sont peintes au naturel, et il en a ramassé de toutes les espèces qu'il a collées dans un autre volume. Sans doute que M. Van Reede qui avait toujours ces livres chez lui, et qui nous les fit voir, a pris le dessein de donner bientôt un Hortus Africus au public, après son Hortus Malabaricus. Si ces livres eussent été à vendre nous n'eussions rien épargné pour les envoyer à la bibliothèque du roi. Comme ce savant médecin a déjà fait quelques voyages jusqu'à six-vingts lieues avant dans les terres vers le nord et vers l'est, pour y faire de nouvelles découvertes, c'est de lui que nous avons tiré toutes les connaissances que nous avons de ce pays, dont il nous donna une petite carte faite de sa main avec quelques figures des habitants du pays et des animaux les plus rares que j'ai fait ajouter ici. Voici ce que nous en avons appris de plus remarquable.

Les Hollandais ayant reconnu qu'un établissement en ce lieu serait commode pour les vaisseaux, qu'ils envoient tous les ans aux Indes, traitèrent avec les principaux chefs de cette nation, lesquels consentirent pour une certaine quantité de tac et d'eau-de-vie à leur céder ce pays-là et à se retirer plus avant dans les terres.

Établissement des Hollandais au Cap.  
Cet accord fut fait environ l'an 1653. Depuis ce temps-là ils ont beaucoup travaillé pour se bien établir au Cap. Ils y ont à présent un grand bourg avec un fort de cinq bastions, qui commande toute la rade. L'air y est très bon, la terre excellente, les blés y croissent comme en Europe. On y a planté des vignes qui rapportent un vin très délicat.

 
17 feuilles format A4

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JOURNAL DU VOYAGE DE SIAM - LIVRE SECOND - DEUXIEME PARTIE

NOTES :

1 - La relation de Guy Tachard comprend une gravure de la baie du cap de Bonne-Espérance :

Fig. I - La baie du cap de Bonne-Espérance. Gravure publiée dans le Voyage de Siam.

Navire dans la baie du Cap. Tableau du XIXe siècle.

Vue des montagnes de la Table et du Lion.    retour

2 - L'île Robben, littéralement l'île des Phoques en allemand, où les Hollandais envoient en exil tous ceux dont ils sont mécontents. (Voyage du sieur Luillier aux Grandes Indes, avec une instruction pour le commerce des Indes orientales. A Paris, chez Claude Cellier, 1705). Découverte par Bartolomeu Dia en 1488, en même temps que le cap de Bonne-Espérance, l'île fut très tôt le lieu de captivité de tous les indésirables et des opposants à la politique de la Compagnie. Le premier prisonnier politique aurait été un certain Autshumato en 1658. Il aurait été également le premier à s'en évader avec succès. Pendant l'Apartheid, l'activité de la prison de l'île ne faiblit pas, et de nombreux membres de l'ANC y furent incarcérés, le plus célèbre étant Nelson Mandela, qui y resta de 1962 à 1984, année où il fut transféré dans la prison du Cap. Les derniers prisonniers politiques ne furent libérés qu'en 1991.   retour

3 - On trouve différentes orthographes de ce nom dans la relation de Guy Tachard : Van Rheeden, Vanrheden, etc... Henrik-Adriaan van Reede tot Drakestein Lord de Mijdrecht (1636-1691) venait juste d’être nommé commissaire général par les 17 membres de la VOC (Verenigde Oostindische Compagnie). C’était un homme d’une haute intelligence, également botaniste passionné, auteur d’un Hortus Malabaricus.   retour

4 - Isaac de l’Ostal de Saint-Martin (1629 ?-1691) passionné d’histoire, de langues et de botanique, était au service de la Compagnie hollandaise à Batavia depuis 1662.   retour

5 - Ici encore on trouve plusieurs orthographes de ce nom dans la relation du père Tachard. Vanderstellen, Vanderstell, etc. Simon van der Stel, (1639-1712), fils d'Adriaen van der Stel, gouverneur de l’île Maurice entre 1639 et 1645. A cette époque, Simon van der Stem n’était encore que commandant du Cap. Il en obtiendra le titre de gouverneur à partir de 1691 et jusqu’en 1699. son fils Wilhelm Adriaan van der Stel (1664-1723) lui succèdera jusqu'à 1707.   retour

6 - Sur cette question fondamentale du nombre de coups de canon tirés, et dont l'importance n'échappera à personne, l'abbé de Choisy nous donne sa version : Nous avons salué de sept coups la forteresse qui nous a répondu d’autant. Tous les vaisseaux qui sont en rade, et même leur amiral, nous ont salués de sept coups, de cinq et de trois. On leur en a rendu tout autant : ils ont remercié chacun d’un coup. Journal de Choisy - 1er juin 1685.   retour

7 - Vraisemblablement, une variété de Laurifolia Africana. Dans sa Description du cap de Bonne-Espérance, Pierre Kolben parle ainsi de ces arbustes : On trouve de ces différentes espèces de lauriers dans toutes les contrées du Cap. Comme les branches de ces arbres sont très nombreuses, et qu'elles croissent fort serrées, ils peuvent être taillés tout comme nous taillons les buis. Aussi les bordures des allées des jardins de la Compagnie et des particuliers sont plantés de ces arbres, auxquels on donne différentes formes.    retour

8 - Hendrik van Reede publia en 1685 en décret qui autorisait les esclaves hommes à acheter leur liberté pour 100 guldens, pourvu qu'ils soient confirmés dans l'Église réformée hollandaise et âgés d'au moins 25 ans. Les mêmes conditions s'appliquaient aux femmes esclaves, qui pouvaient racheter leur liberté à partir de 22 ans.   retour

9 - Nous avons retrouvé cette petite annonce passé au début du XIXe siècle dans L'intermédiaire des chercheurs et curieux : correspondance littéraire, "notes and queries" français, questions et réponses, communications divers à l'usage de tous, littérateurs et gens du monde, artistes, bibliophiles, archéologues, généalogistes, etc. Vol 61 - 1910 : Jacques Thuret, horloger du roi : Thuau, autre horloger. - Tout ce que je sais sur Jacques Thuret, horloger du roi Louis XIV, c'est qu'il avait épousé Louise Berain, morte le 20 mars 1715 aux galeries du Louvre. De qui était-il fils et a-t-il laissé des descendants horlogers comme lui ? Je l'ignore. C'était un homme de goût qui a signé de belles oeuvres d'horlogerie. Quant à Thuau, horloger réputé qui date d'une époque postérieure, je ne connais même pas son prénom, encore moins sa famille. Prière de donner des éclaircissements. HH - Nous ne désespérons pas de satisfaire un jour la curiosité de HH, même avec un siècle de retard.   retour

10 - L'ouvrage du père Tachard est ici agrémenté d'une suberbe illustration.

Fig. II - Le fort des Hollandais au cap de Bonne-Espérance.   retour

11 - Cruzeiro do Sul, la Croix du Sud. Ce n'est qu'à partir du XVIIe siècle que cette constellation a été dissociée du Cantaure. Elle était très utile aux navigateurs, car son bras le plus long pointe en direction du pôle sud céleste. A noter que la Croix du Sud est représentée sur les drapeaux d'Australie, de Nouvelle-Zélande et de Papouasie-Nouvelle-Guinée. La cinquième petite étoile est l'epsilon de la constellation.   retour

12 - Jean Bayer, né à Augsbourg, vers la fin du XVIe siècle, exerça le ministère évangélique en différents endroits avec un zéle ardent qui lui attira de fâcheuses affaires, et se distingua dans l'astronomie, ce qui lui valut d'être anobli, en 1669, par l'empereur Léopold. On lui doit un excellent ouvrage intitulé ; Uranometria, publé en 1603, dont il donna en 1627 une seconde édition considérablement augemntée, sous ce titre : Calum stellatum christianum, réimprimée à Ulm en 1723. C'est une description des constellations, accompagnée de cartes célestes ; l'auteur y marque les étoiles de chaque constellation par des lettres grecques. Chaque étoile a son caractère distinctif, par lequel on peut la désigner, sans avoir besoin de se charger la mémoire d'une multitude de noms. Il a cependant dessiné sur ces cartes les figures des anciennes constallations, et leur a laissé les noms tirés de fables grecques, auxquels l'imagination était trop accoutumée pour y renoncer. Biographie universelle ancienne et moderne Michaud, Louis-Gabriel.   retour

13- Acrux, l'alpha de la Croix du Sud, est effectivement une étoile double composée de deux supergéantes bleues séparées par 4,4".   retour

14 - Castor, l'alpha des Gémeaux, est un une étoile double, dont chacune des composantes est constituée de deux étoiles. On a trouvé un troisième astre, Castor C, lui même composé de deux étoiles. Le système tel que nous le connaissons aujourd'hui comprend donc six éléments.   retour

15 - La constellation du Navire a été disloquée en quatre constellations par l'astronome Gould en 1877. Ces constellations sont aujourd'hui : la Carène, la Poupe, la Voile, et la Boussole, Pyxis Nautica qui avait déjà été isolée par par l'abbé Nicolas-Louis de La Caille en 1752.   retour

16 - Paris se trouve à 2.20 de longitude est par rapport au méridien de Grenwich, et le Cap à 18.22. Le père Tachard n'a pas encore suffisamment corrigé les cartes, puisque la différente entre les deux villes n'est que de 16.02 degrés.    retour

17 - Le quelque temps se réduisit à la nuit du 3 au 4 juin, et la nuit suivante, l'abbé de Choisy alla dormir à bord de l'Oiseau. Quant à son rôle dans les observations des savants jésuites, ainsi qu'il le dit lui-même, il n'a pas été tout à fait inutile : pendant que le père de Fontanay était à sa lunette et que les autres avaient soin des pendules, je disais quelquefois une, deux, trois, quatre, pour marquer les secondes. Journal de Choisy - 4 juin 1684    retour

18 - Hendrik Claudius de Breslau était un dessinateur de grand talent. Il accompagna van der Stel lors d'une expédition dans les terres des Namaquas en 1685-86 et fit à cette occasion un grand nombre de dessins. Beaucoup de ces dessins ont servi à illustrer l'ouvrage de Johannes Burman, Rariorum africanarum plantarum publié à Amsterdam en 1738. Les illustrations des animaux de Siam du père Tachard sont également de la main de Claudius de Breslau.

Illustration du Rariorum africanarum plantarum de Burman gravé d'après Claudius de Breslau.   retour

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Page mise à jour le 21/02/2003