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La révolution de Siam

Histoire de Monsieur Constance,
Premier ministre du Roi de Siam
et de la dernière révolution de cet État.

Par le père d'Orléans
De la Compagnie de Jésus

Présentation

L’ouvrage du père d’Orléans, « Histoire de M. Constance, Premier ministre du Roy de Siam, et de la dernière révolution de ces Estats », suivi de « Lettre de l’Auteur de cette Histoire à un Jésuite de ses amis, concernant le récit de la persécution exercée à Siam contre les Chrétiens, au temps de la révolution. » a été publié à Tours chez Philibert Masson en 1690. Les éditions Charlermnit à Bangkok en ont publié le fac-similé en 1985, à l’occasion du tricentenaire des relations franco-thaïlandaises.

Il faut moins chercher dans ce livre un ouvrage d’historien qu’une œuvre de propagande jésuite. En effet, le père d’Orléans n’a jamais été au Siam et ne connaît de l’épisode qu’il relate que ce qu’en ont rapporté les missionnaires. On peut sans exagération penser que le principal auteur de ce document n’est autre que le père Tachard. Ainsi, la représentation d’un Phaulkon martyr de la religion et du devoir peut faire sourire. Néanmoins, considéré sous l’angle du document de propagande, ce texte demeure fort intéressant.

Nous l'avons transcrit en français moderne et nous nous sommes efforcés de l’éclairer par quelques notes.

Afin de faciliter le chargement des pages, nous avons divisé l'ouvrage en quatre parties. La totalité du texte pourra être téléchargée au format word grâce au lien se trouvant à la fin de la quatrième partie.

...Mais j'étais surtout venu à Lopburi pour voir ce qui restait de la splendide maison de Constantin Phaulkon, sans doute l'un des aventuriers les plus extraordinaires qui ont choisi l'Orient pour cadre de leurs exploits. Fils d'un aubergiste de Céphalonie, il se sauva de chez lui pour entrer dans la marine marchande anglaise, et arrivé au Siam, après avoir couru de multiples dangers, s'éleva jusqu'au rang de Premier ministre du roi. On ne parlait dans le monde de l'époque que de son pouvoir absolu, de sa magnificence et de ses grandes richesses. Un petit livre du père d'Orléans, membre de la Compagnie de Jésus, lui est consacré, mais son propos d'édification fait qu'il s'étend à l'excès sur les tribulations de la veuve de Constantin lorsque, après la mort de son époux, elle s'employa à défendre sa vertu contre les avances inconvenantes d'un prince siamois. Dans ses efforts louables, elle fut soutenue par sa pieuse grand-mère qui, à l'âge de quatre-vingt-huit ans, n'ayant rien perdu de sa foi, lui parlait constamment des célèbres martyrs japonais dont elle avait l'honneur de descendre. « Ma fille, lui disait-elle, quelle gloire il y a d'être une martyre. Tu as le privilège d'avoir reçu en héritage la vocation de martyre. Tu dois donc t'en montrer digne ! 

On se réjouit d'apprendre qu'encouragée par ces conseils et fortifiée par les admonitions constantes des pères jésuites, la veuve résista à toutes les tentations d'habiter, couverte de bijoux, un sérail presque royal, et termina vertueusement sa vie comme laveuse de vaisselle dans la maison d'un bourgeois sans distinction.

Dommage que le père d'Orléans ait été avare de détails sur la carrière de son héros. Les péripéties qui l'élevèrent d'un rang humble à un tel sommet méritaient à coup sûr d'être sauvées de l'oubli. L'auteur le représente comme un pieux catholique et un ministre intègre, attaché à défendre les intérêts de son roi ; mais son récit de la révolution qui renversa à la fois le roi et sa dynastie et livra le Grec aux patriotes siamois indignés, donne l'impression qu'un remaniement des fait lui avait paru nécessaire pour innocenter le grand roi et diverses personnes haut placées. Un voile décent est jeté sur les souffrances que dut subir le favori déchu, mais sa mort de la main du bourreau est fort édifiante. En lisant entre les lignes de ce texte ennuyeux, on retire néanmoins l'impression qu'il s'agissait d'une personnalité forte et brillante. Constantin Phaulkon était dénué de scrupules, cruel, cupide, déloyal, ambitieux ; mais c'était un grand homme. Son histoire fait penser à l'une des Vies de Plutarque .

Somerset Maugham - The Gentleman in the Parlour - A record of a Journey from Rangoon to Haiphong - Traduction française de Joseph Dobrinsky, parue en 1993 au Éditions du Rocher sous le titre : Un Gentleman en Asie - Relation d'un voyage de Rangoon à Haiphong.

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HISTOIRE DE MONSIEUR CONSTANCE


2 feuilles format A4

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Page mise à jour le 5/1/02