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La révolution de Siam
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Les persécutions
« Les chrétiens, les mahométans et les païens exercent librement leur religion dans la capitale du royaume et sous les yeux de la cour. On n'en défend aucune, pourvu qu'elle n'attaque point les lois du gouvernement. La politique favorise cette tolérance. La liberté qu'on laisse à chacun de vivre comme il lui plait attire un grand nombre d'étrangers. Ils y apportent des marchandises, ils font débiter celles du pays, ils y établissent leur commerce et y perfectionnent les arts. Ces établissements augmentent les revenus du roi et les richesse de l'Etat ; cette diversité de religion ne cause nul trouble, parce que chacun peut suivre, prendre ou quitter celle qui lui plait. Personne n'est en droit de combattre ni de mépriser celle d'autrui. Telle était la tolérance des religions à Siam lorsque les vicaires apostoliques y arrivèrent. (…) » (Description du royaume Thaï ou Siam par Jean-Baptiste Pallegoix, vicaire apostolique de la Mission de Siam - Paris 1854).C'est en effet cette tolérance religieuse, maintes fois soulignée, qui incita Pierre Lambert de la Motte et ses deux compagnons à demeurer au Siam où ils arrivèrent presque par hasard en 1662.
Rien de plus contraire, donc, à l'esprit siamois que les persécutions pour motifs religieux, et ce n'est certainement pas en ce domaine qu'il faut chercher les raisons des traitements infligés à Mgr Laneau et aux infortunés missionnaires demeurés dans le royaume. Force est de constater que si le sentiment anti-français était arrivé à son paroxysme, la responsabilité des Français était écrasante. Vaniteux, dominateurs, méprisants, ils s'étaient établis en censeurs et en conquérants dans un pays qui les accueillait avec bienveillance et tolérance. A l'amitié que proposait Phra Naraï, ils ne surent répondre que par une tentative de colonisation, ils en payèrent le prix. Le séminaire des Missions étrangères à Ayutthaya fut pillé, l'église fut transformée en pagode. Commencées dès la prise du pouvoir par Petratcha, les persécutions contre les Français atteignirent leur point culminant lorsque le général Desfarges fut chassé de Bangkok fin 1688. Refugié à Pondichéry, Desfarges entreprit une ultime tentative de représailles sur l'île de Joncelang (aujourd'hui Phuket) qui ne contribua pas à améliorer le sort des missionnaires encore au Siam. Toutefois, sa décision fin 1689 de renvoyer les otages siamois qu'il détenait, et les graves problèmes intérieurs auxquels se trouva alors confronté Petratcha semblent marquer la fin de ces persécutions. Ainsi que le note Wood dans son History of Siam, « La liberté religieuse fut alors restaurée, selon les coutumes immémoriales du royaume ».
LES TEXTES :
2 feuilles format A4
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Page mise à jour le 6/1/02