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La révolution de Siam

Avant-propos
Histoire de la révolution de Siam
Histoire de M. Constance
La relation de Desfarges
La relation de Beauchamp
Une lettre de Kosa Pan

Extrait de l'Histoire la mission de Siam

Par Monseigneur Pallegoix

Les Français s’embarquèrent, laissant des otages et emmenant avec eux deux mandarins (1) ; mais en route il s’éleva une contestation sur la reddition des otages : M. Desfarges ne voulut pas céder, malgré les lettres pressantes de monseigneur de Métellopollis. Alors les Siamois irrités se jetèrent avec impétuosité dans le balon (2) de monseigneur de Métellopolis, se saisirent de sa personne, le chargèrent de tant de coups qu’il est étonnant que ce prélat, déjà infirme, ne mourût pas entre leurs mains. Ils le traînèrent par la vase de la rivière, le prirent par les mains, par les pieds et par la tête, et le jetèrent demi mort sur des herbes où, pendant deux heures, il demeura exposé aux ardeurs du soleil, aux moustiques, aux insultes des soldats, des matelots, des femmes et des enfants qui accouraient de toutes parts à ce spectacle. On lui arrachait la barbe, on lui crachait au visage, on vomissait contre lui les imprécations les plus horribles et les invectives les plus atroces. Ceux qui ne pouvaient fendre la presse et s’approcher pour le frapper lui jetaient de la boue. Il souffrit tous ces rudes traitements en présence du barcalon (3), qui pouvait les empêcher par un seul mot, et qui ne daigna pas jeter sur cette innocente victime un seul regard de pitié. Loin de lui donner aucun soulagement, on le chargea d’une cangue (4) très pesante, on lui serra si rudement les bras dans des menottes dont les trous étaient trop étroits, qu’il a avoué dans la suite que cette douleur lui avait paru plus aiguë et plus insupportable que toutes celles qu’il avait endurées pendant deux ans de prison.

En ce triste état, on le mit avec M. Dular, officier français qui avait été traité avec la même barbarie, dans une galère où on leur fit passer le fleuve, et ils trouvèrent à l’autre bord tous les Français assommés de coups et chargés de cangues et de menottes. Le prélat, en abordant, tomba dans la vase, et il y aurait perdu la vie, si on ne se fut hâté de l’en retirer. Il passa le reste du jour et toute la nuit suivante dans ses habits mouillés et couverts de boue, ce qui le rendit pendant trois mois comme perclus de la moitié du corps.

Le lendemain matin, les Siamois le voyant moribond, lui ôtèrent la cangue, le conduisirent à Bangkok et le renfermèrent dans une cabane voisine de la maison d’une femme chrétienne fort âgée qui avait souvent ressenti les effets de sa charité. Par reconnaissance, elle lui donna tous les secours et lui rendit tous les services que sa pauvreté put lui permettre. De là, il fut conduit à la ville royale avec les autres Français ; on le sépara de la troupe et on le mit dans une autre cabane sous la garde des bras peints (5), qui sont les principaux soldats du roi. Il n’avait point de cangue, mais il était enchaîné au cou et aux jambes, et, pour lui extorquer de l’argent, ses gardes lui remettaient de temps en temps la cangue, les menottes et les ceps (6). Les missionnaires, qui étaient au séminaire, furent, par ordre de la cour, appelés à la salle d’audience le 9 novembre. Le président leur reprocha l’ingratitude et la mauvaise foi de M. Desfarges, comme s’ils en eussent été les complices. « Vous êtes ses cautions, ajouta-t-il ; selon les lois du pays, vous méritez la mort. » Et, sans leur permettre de répondre un seul mot, il les arrêta prisonniers de la part du roi, ordonna à ses officiers d’aller faire l’inventaire de tous les effets du séminaire, et désigna MM. Martineau et Chevreuil pour y être présents. Ces officiers exécutèrent leurs ordres avec la dernière rigueur, mirent dans leur procès-verbal jusqu'aux moindres choses, et en constituèrent MM. Martineau et Chevreuil dépositaires. Le lendemain, ils firent conduire les séminaristes les écoliers et les domestiques au Lakhonban. C’est une prison formée par une enceinte de gros pieux, sans couvert, remplie de boue, d’insectes et de puanteur, où l’on est exposé à toutes les rigueurs des saisons et surtout aux pluies qui inondent chaque année le royaume. Là, ils partagèrent les souffrances des Français qui n’étaient pas partis avec M. Desfarges. On n’eut aucun égard ni à l’âge des écoliers, dont plusieurs étaient encore enfants, ni à la dignité des missionnaires. On leur fit souffrir la faim, la soif, la nudité, les cangues, les ceps, les menottes et des coups de rotin (7), sans nulle compassion. Il n’y en eut pas un seul qui ne portât des marques sanglantes de la cruauté avec laquelle leurs gardiens les traitaient. Sept laïques y perdirent la vie, et plusieurs missionnaires, comme nous verrons, moururent peu de temps après qu’ils furent délivrés. De neuf jésuites français qui étaient à Siam, le seul père La Breuille (8) y était resté. On alla le saisir dans la maison des pères portugais de sa compagnie, et on le mit en prison avec les missionnaires.

Ce fut alors qu’on vit dans les rues de Siam ce qu’on n’avait peut-être jamais vu en aucun endroit du monde : des officiers et des gentilshommes nus, semblables à des squelettes et à des cadavres, enchaînés avec les plus infâmes scélérats, porter sur leurs épaules des paniers pleins de terre et d’immondices, exposés aux railleries et aux insultes d’un peuple irrité et insolent.

Les Maures, quoique mahométans et ennemis des chrétiens, firent une requête en leur faveur ; mais leur chef, qui était un mandarin de première classe, voyant que cette requête n’avait pas plu à la cour, demanda des prisonniers pour transporter de la terre dans son jardin ; on lui donna deux missionnaires et il les traita très rudement. Des officiers anglais, passant dans la rue des Maures, virent ces deux missionnaires chargés de paniers ; ils furent touchés de leur état, allèrent trouver le mandarin mahométan, lui protestèrent que, s’il ne faisait cesser ce rude traitement, ils ne feraient aucun quartier aux Maures qu’ils rencontreraient dans leurs courses, et de plus ils firent porter aux missionnaires une somme assez considérable.

Le mahométan, effrayé de ces menaces, fit ôter les chaînes aux deux missionnaires, les exempta du travail et leur donna du riz et des fruits à manger.

Il y a apparence qu’il dit aux mandarins siamois que les mauvais traitements qu’on faisait aux prêtres français allaient irriter toutes les nations chrétiennes, puisque dès ce temps là on ne les envoya plus au travail ; mais les écoliers, les séminaristes, les officiers et les soldats y furent toujours assujettis, avec ce seul adoucissement qu’on leur permettait chaque jour de mendier pendant une heure. Quelques personnes, touchées de compassion, leur faisaient des aumônes ; mais les criminels enchaînés avec eux en enlevaient la meilleure partie.

Pendant ce temps là, des officiers nommés par la cour firent transporter dans les magasins du roi tous les effets du séminaire, excepté les livres, quelques ornements d’église et les habits des missionnaires, que le roi leur accorda par grâce. Tout ayant été confisqué et enlevé, on ordonna, le 1er janvier 1689, à MM. Martineau et Chevreuil de se retirer où ils voudraient, et d’emporter les meubles qu’on leur avait laissés. Dans cette triste conjoncture, un chrétien tonkinois, sans craindre ce qui pouvait lui en arriver, leur offrit sa maison. Les jésuites qui n’étaient pas Français et qui n’avaient pas été arrêtés, leur portèrent des vivres. M. Paumard, missionnaire français, qui avait guéri le nouveau roi d’une maladie dangereuse (9), jouissait de sa liberté avec quelques domestiques du séminaire qu’on lui avait laissés ; sa charité lui fit trouver des ressources, et chaque jour il envoyait des provisions aux prisonniers.

On ne se contenta pas de faire souffrir les missionnaires, les séminaristes et les Français, plusieurs chrétiens de différentes nations, furent mis en prison, exposés à des traitements barbares, et plusieurs payèrent de leur vie leur fidélité à la religion chrétienne. Un volume entier ne suffirait pas pour faire le détail des maux que souffrirent, dans toutes les provinces, tant de chrétiens français, siamois, portugais, chinois, cafres, malabres, tonkinois et cochinchinois. L’avarice des mandarins leur enleva tous leurs biens et leur fit souffrir mille tourments pour les contraindre à donner ce qu’ils n’avaient pas. Il y en eut qui se rachetèrent jusqu’à cinq fois, et furent ensuite réduits à l’esclavage.

Parmi tant de confesseurs de Jésus-Christ, une métisse, âgée de dix-huit ans, fit éclater un courage et une vertu extraordinaires. Elle préféra souffrir les supplices les plus cruels et les plus infâmes plutôt que d’abjurer la religion chrétienne. Son exemple inspira les mêmes sentiments à ses compagnes, qui persévérèrent dans la foi malgré les promesses et les menaces des mandarins. A force de fermeté d’âme et de résignation, elles parvinrent à obtenir quelque adoucissement à leur cruelle position.

Les séminaristes ne montrèrent pas moins de courage. On voulait les faire travailler à une pagode, mais, malgré les mauvais traitements qu’on leur fit subir, ils refusèrent constamment, et obtinrent d’être employés à d’autres travaux.

Les Portugais se montrèrent insensibles aux persécutions que l’on faisait souffrir aux chrétiens français.

Sur la fin d’août 1689, on apprit que M. Desfarges était arrivé à Joncelang (10) avec cinq navires. Comme on appréhendait qu’il ne vint en ennemi, on tira monseigneur de Métellopolis de sa petite cabane, et on le mit en prison chargé de chaîne et d’une cangue. Lorsqu’on eût reçu les lettres du général, qui ne demandait que la paix, on fit sortir monseigneur de Métellopolis de sa prison, on lui ôta tous ses fers, et le lendemain on le conduisit, à travers toute la ville, mal vêtu, sans souliers, sans chapeau, dans une salle publique où l’on a coutume de traiter les affaires. On y avait aussi conduit les officiers français ; on leur fit entendre qu’ils étaient redevables au roi de n’avoir pas subi la mort, puisqu’ils la méritaient, selon les lois du pays, pour avoir faussé la parole donnée à sa Majesté par le général. On ordonna ensuite à monseigneur de Métellopolis d’écrire à M. Desfarges comme il le jugerait à propos.

L’évêque écrivit sur le champ. Dans sa lettre, il priait ce général, selon le style de Siam, d’avoir égard à l’amitié royale, à la religion, au traité d’accommodement qu’il avait signé, et enfin à lui-même et à ses missionnaires, qui étaient ses cautions, et à tant de Français qui étaient détenus dans les prisons de Siam. Il finissait sa lettre par ces paroles : « Nous périrons tous misérablement si vous n’accommodez les affaires, et vous seul serez la cause de notre perte. Prêtez-vous à tout, et je ne doute pas que le roi de Siam et ses ministres ne fassent ce qui convient pour entretenir l’amitié royale. »

Le mandarin, et ensuite le roi, furent fort satisfaits de cette lettre, qui fut traduite en Siamois. On permit d’abord à monseigneur de Métellopolis, aux missionnaires et à tous les chrétiens, d’écrire et de faire le détail des maux qu’ils souffraient. Ensuite, on changea d’avis ; les mandarins firent eux-mêmes une réponse, à laquelle ils obligèrent monseigneur de Métellopolis de mettre son cachet, sans lui permettre de la lire, et ils attendirent en repos de nouvelles réponses.

Sur ces entrefaites, le père Louis de la Mère de Dieu, religieux franciscain, mourut des incommodités qu’on lui avait fait souffrir.

Cependant M. Desfarges, voyant qu’on ne faisait aucun accommodement pour la paix, fit voile pour le Bengale avec trois vaisseaux, et M. de Vertesalle (11) partit douze jours après. MM. Ferreux et Pinchero, interprètes, qu’il avait envoyés avec le dernier mandarin qui était otage, fit connaître la droiture des intentions avec lesquelles l’escadre française avait abordé à Joncelang.

On espérait que, par suite de ces déclarations et du renvoi des otages, les prisonniers seraient mis en liberté ; mais le chef de la factorerie (12) hollandaise publia que la guerre était déclarée entre la France et la Hollande (13), et empêcha leur élargissement. Le seul monseigneur de Métellopolis eut la permission d’aller demeurer avec M. Paumard, et d’y recevoir des visites, mais avec défense de sortir de sa maison.

Les prisonniers ayant fait présenter un placet (14) dans le mois de février 1690, par lequel ils suppliaient d’adoucir la rigueur avec laquelle on les traitait, obtinrent quelque adoucissement à leur sort ; mais par la jalousie et par les plaintes des Hollandais contre les Français, ils furent bientôt traités avec plus de rigueur qu’auparavant.

Le jour de l’Assomption 1690, tous les missionnaires et les séminaristes furent tirés de la prison et conduits dans une petite île qui en est peu éloignée. Malgré la liberté dont ils jouissaient dans cette île, par suite des souffrances qu’ils avaient éprouvées, ils tombèrent presque tous dans des maladies dangereuses. MM. Gefrard, Monestier, Chevalier et Paumard, missionnaires, et cinq séminaristes, succombèrent en peu de jours. Les autres missionnaires se virent en danger de la vie, et traînèrent longtemps dans un état de langueur dont ils ne croyaient pas pouvoir revenir.

Sur la fin de 1690, le père Tachard, jésuite, débarqua au port de Mergui avec deux mandarins qu’il avait accompagnés en France et à Rome (15). Il écrivit au barcalon qu’il était porteur d’une lettre du roi de France, et qu’il venait par ordre de sa Majesté pour renouveler l’alliance entre les deux couronnes (16). La cour de Siam, qui redoutait encore plus les Hollandais depuis qu’ils s’étaient emparés du royaume de Bantan (17),qui ne voulait point, par surcroît avoir les Français à craindre, parut fort satisfaite de cette lettre et de ce rapport. C’est pourquoi, dans le mois d’avril 1691, on rendit le séminaire à monseigneur de Métellopolis, et on lui permit d’y demeurer avec les missionnaires, les séminaristes et les écoliers. Comme les Siamois n’avaient laissé dans cette maison que les murailles et qu’ils ne rendaient rien, ce prélat fut obligé d’emprunter une somme considérable pour acheter des meubles et des ornements ; on recommença le cours des études et des exercices ecclésiastiques.

 
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NOTES :

1 - Il s’agissait en fait de cinq mandarins. L’histoire des otages est assez embrouillée. Le général Desfarges laissa aux Siam trois otages qui garantissaient les navires que les Siamois mettaient à la disposition des Français pour quitter le royaume. Ces trois otages étaient Mgr Laneau, évêque de Métellopolis, le chevalier Desfarges, fils cadet du général, et M. Véret, le chef du Comptoir de la Compagnie des Indes. Au dernier moment, contre la parole donnée, le chevalier Desfarges et M. Véret parvinrent à s’échapper et à s’embarquer avec la garnison française. C’est Mgr Laneau qui fit les frais de cette trahison et paya pour les autres. De son côté, Desfarges renvoya deux des cinq mandarins qu’il gardait en otages.   retour

2 - Voici comment le chevalier de Forbin décrit ces bateaux : « Ces balons sont formés d’un seul tronc d’arbre creusé ; il y en a de si petits, qu’à peine celui qui les conduit peut y entrer. Les plus grands n’ont pas plus de quatre ou cinq pieds dans leur plus grande largeur ; mais ils sont fort longs, en sorte qu’il n’est pas extraordinaire d’en trouver qui ont au-delà de quatre-vingts rameurs, il y en a même qui en ont jusqu’à cent-vingt. Les rames dont on se sert sont comme une espèce de pelle, de la largeur de six pouces par le bas, qui va en s’arrondissant, et longues d’un peu plus de trois pieds. Les rameurs sont dressés à suivre la voix d’un guide qui les conduit, et à qui ils obéissent avec une adresse merveilleuse. Parmi ces balons, on en voit de superbes. Ils représentent, pour la plupart, des figures de dragons ou de quelque monstre marin, et ceux du roi sont entièrement dorés. » Voir également l’index des illustrations.   retour

3 - Le barcalon ou « Phra Klang » était une sorte de Premier ministre, chargé principalement des finances et des affaires étrangères. Celui-ci n’est autre que Kosapan, ambassadeur siamois en France et frère de lait de Petratcha. Voir la page « les personnages ».   retour

4 - Robert Challe nous décrit ainsi cet instrument de supplice : « Cangue est une fourche qu’on met au col traversée par le devant ; en sorte que cela fait comme un triangle équilatéral : qu’à l’angle du devant il y a comme une mortaise de charpentier, dans laquelle on passe les deux mains, et ainsi un patient est comme s’il était au pilori mais bien plus gêné. » (Journal du Voyage des Indes Orientales – Textes inédits publiés d’après le manuscrit olographe par Jacques Popin et Frédéric Deloffre – Editions Droz – Genève 1998).   retour

5 - On appelait ainsi les miliciens de Petratcha. Robert Challe les décrit ainsi : « Bras peints sont leurs bourreaux [des Siamois], qui ont effectivement les bras peints de diverses couleurs et de diverses figures. » (ouvrage cité note précédente).   retour

6 - Selon Littré : lien ou espèce de chaîne.   retour

7 - Selon Robert Challe, « rotin sont des cannes fort menues dont les Siamois se servent au lieu de verges » (ouvrage cité note 4)   retour

8 - Charles de La Breuille (1653-1720) arrive au Siam avec en 1687 avec l’ambassade Céberet – La loubère. Lors de la révolution de 1688, seul de tous les jésuites, il décide de demeurer dans le royaume, et il connaît les mêmes infortunes que Mgr Laneau. Après sa libération, il rejoint à Pondichéry le père Tachard, dont il devient l’homme de confiance. Tous deux  retourneront au Siam en 1699, et auront notamment une audience avec Petratcha.   retour

9 - Etienne Paumard est né à Laval en 1640 et mort à Ayutthaya en 1690. Ce missionnaire arrive au Siam en 1676 et soigne Phaulkon gravement malade – et lui sauve peut-être la vie - en 1682. Il joue un rôle important lors de l’ambassade du chevalier de Chaumont, et assiste Phra Naraï lors de ses derniers moments. Il bénéficie par la suite d’un traitement de faveur et du respect de Petratcha. Laissé libre, il multiplie les efforts pour porter assistance aux missionnaires victimes des persécutions.   retour

10 - Joncelang était le nom de l’île appelée aujourd’hui Phuket. Après son départ précipité de Bangkok, Desfarges se rendit à Pondichéry où il retrouva les débris de la garnison de Mergui, commandée par M. Du Bruant. Une expédition punitive fut entreprise pour aller occuper Phuket. Expédition bien inutile, il n’y avait rien à occuper que des terres inondées et inhabitées. (les choses ont certes bien changées, et le corps expéditionnaire français n’aurait sans doute jamais pu imaginer alors ce que serait Phuket aujourd’hui et les prix qu’y atteindrait le mètre carré !). De guerre lasse, Desfarges renvoya les otages qu’il détenait encore et retourna à Pondichéry avant de rentrer en France. On sait qu’il n’y arriva jamais, il mourut de maladie pendant son voyage de retour. Son navire, l’Oriflamme, n’arriva jamais en France. Il disparut corps et biens dans une tempête au large de la Bretagne le 27 février 1691.    retour

11 - Major d’infanterie sous les ordres de Desfarges.   retour

12 - La faiturie, ou factorerie, ou factorie, était le bureau où les facteurs, les commissionnaires, faisaient commerce pour le compte de la Compagnie. « On appelle ainsi dans les Indes orientales et autres pays de l'Asie où trafiquent les Européens, les endroits où ils entretiennent des facteurs ou commis, soit pour l'achat des marchandises d'Asie, soit pour la vente ou l'échange de celles qu'on y porte d'Europe. La factorie tient le milieu entre la loge et le comptoir ; elle est moins importante que celui-ci et plus considérable que l'autre. » (Encyclopédie de Diderot et d'Alembert)   retour

13 - La guerre avec la Hollande commencée en 1666 s’est achevée le 17 septembre 1678 par le traité de Nimègue. Il s’agit ici de la guerre connue sous le nom de Guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697) au cours de laquelle la France sera opposée à  l'Allemagne, à la Hollande, à l'Espagne, à la Suède et à l'Angleterre.   retour

14 - Selon Littré, « demande succinte, par écrit, pour obtenir justice, grâce, faveur. (On dit aujourd’hui pétition) ».   retour

15 - Ces mandarins étaient à l’origine trois. Il s’agissait de Okhun Pipit, Okhun Chamnan et Okhun Vicet, que l’expédition Céberet – La Loubère avait ramenés comme ambassadeurs en France. Okhun Pipit était mort pendant le voyage de retour au Siam.   retour

16 - Ce troisième voyage au Siam du père Tachard était accompli à son initiative personnelle et tout à fait officieux. Il est fort peu problable qu’il ait été porteur d’une lettre de Louis XIV.   retour

17 - Ancien nom de Java.   retour

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Page mise à jour le 6/1/02