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La révolution de Siam
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Lettre de l’auteur de cette histoire à un jésuite de ses amis, contenant le récit de la persécution exercée à Siam contre les chrétiens, au temps de la révolution.
Nous avons tremblé vous et moi plus d’une fois pour nos amis, qui au travers de tant de mers sont allés porter l’Evangile dans le royaume de Siam ; ne voyant dans toutes leurs lettres que des réceptions favorables et les bons traitements qu’ils recevaient parmi ces peuples idolâtres. Rassurons-nous enfin, mon cher Père : la persécution, que les chrétiens regardent comme un pronostic infaillible du bon succès des entreprises apostoliques nous donne lieu de tout espérer pour celle-ci ; et le sang des martyrs qu’on vient de verser dans les campagnes de Siam nous y promet la fécondité qu’il a toujours eue dans l’Eglise.
Peu de temps après que le parti de l’usurpateur eût prévalu et que le roi et le ministre eurent succombé, les ennemis de l’un et de l’autre ayant mis les Français hors d’état de soutenir la cause de la Religion, les idolâtres commencèrent à signaler leur zèle contre les chrétiens, et résolurent de les exterminer.
On en mit d’abord en prison un très grand nombre de toutes nations, de toutes conditions, et de tous âges, et cette prison seule pouvait passer pour un grand supplice.
C’était des enceintes de pieux (1), exposées à toutes les injures de l’air, où l’on arrangeait sur deux lignes vingt cinq ou trente personnes, la cangue (2) au cou, qui est une espèce d’échelle pesante, et passée de telle manière qu’elle ôte toute liberté et rend toutes les postures incommodes. Les prisons étaient si étroites, et les prisonniers si pressés, que les échelles s’embarrassant les unes dans les autres au moindre mouvement qu’on faisait, aucun ne se pouvait remuer sans faire du mal à plusieurs.
Les moustiques, qui est une sorte de moucheron dont la piqûre est fort douloureuse, causaient un tourment très sensible à des gens qui ayant les mains liées, ne les pouvaient chasser. Les pluies, qui inondent tous les ans le royaume, ayant commencé justement en ce temps là, ne contribuèrent pas peu à augmenter le supplice de ces pauvres captifs, que l’on trouvait tous les matins tremblant de froid dans la boue et dans l’eau. Dieu fit voir la force de sa grâce dans ces chrétiens, dont la plupart, selon la coutume des Indes, vivaient avec beaucoup de mollesse, et peu de ferveur dans leur religion. Car non seulement ils souffrirent courageusement cette dure prison, mais quelque temps après, les mandarins ayant fait publier que ceux qui en voudraient sortir et retourner dans leurs maisons le pourraient faire pourvu qu’ils renonçassent à la foi et qu’ils adorassent les dieux du pays, les nouveaux confesseurs de Jésus-Christ, changés tout d’un coup en d’autres hommes et remplis de consolation de voir que leur religion était la cause de leurs souffrances, préférèrent généreusement leurs chaînes à la liberté qu’on leur offrait aux dépens de leur foi.
Ce refus mit en fureur les tyrans, qui se jetant comme des bêtes farouches sur ces chrétiens abandonnés sans aucun secours à leur haine, leur firent souffrir toute sorte d’indignités et de tourments, au milieu desquels il y en eut même qui eurent le bonheur de mourir pour la cause de Jésus-Christ.
Dom Ignace, oncle de Madame Constance, fut trouvé derrière le palais brisé des coups qu’on lui avait donnés, et si cruellement meurtri qu’il faisait horreur à voir. Deux jeunes hommes qui servaient à la chapelle de M. Constance reçurent le même traitement, et on leur trouva des pointes de bambou fichées entre la chair et les ongles.
Comme la persécution s’était particulièrement attachée à la maison de ce ministre, sa belle-mère, qu’on avait déjà dépouillée de tous ses biens fut amenée de Siam à Louvo (3) avec sept ou huit petits enfants. La femme de l’usurpateur feignant d’être touchée de ses maux lui offrit de lui faire rendre une partie de ce qu’on lui avait enlevé, si elle pouvait trouver moyen de lui donner dix jeunes enfants chrétiens, qui de leur plein gré et sans y être forcés, embrassassent la religion siamoise. La vertueuse femme rejeta cette proposition impie et aima mieux s’exposer à tout ce qui lui pouvait arriver de plus fâcheux que de racheter sa fortune par une si mauvaise action.
Un Portugais et sa femme ayant été mis dans deux prisons différentes, on vint annoncer à la femme que si elle ne renonçait à sa religion, on allait faire mourir son mari, qui la priait, ajoutait-on pour la surprendre, d’avoir pitié de lui. Elle répondit qu’elle connaissait son mari, qu’il avait du courage, et qu’il mourrait volontiers pour la religion ; que pour elle au reste, on lui ferait plaisir de lui donner le moyen, par une prompte mort, d’aller rejoindre dans le Ciel celui avec qui Dieu l’avait unie sur la terre.
Un autre Portugais, nommé Joan, qui avait converti sa femme et sa belle-mère, toutes deux du Pegu (4), voulut s’enfuir dans les bois avec sa famille. Ils furent tous arrêtés et sollicités de renoncer à Jésus-Christ : mais étant demeurés constants, le mari après avoir été cruellement battu, fut condamné à servir les éléphants ; les femmes et les enfants furent faits esclaves.
Un Arménien, nommé Jean-Baptiste, chrétien peu fervent avant la persécution, voyant un jour passer deux jésuites qui portaient eux-mêmes des vivres aux prisonniers, dans un temps où personne n’en osait approcher, se trouva tout d’un coup transporté d’un désir si ardent de les servir qu’il voulut décharger les pères d’une partie de leur fardeau. Depuis ce temps-là, sa maison devint le magasin des prisons, et lui le pourvoyeur des prisonniers. Sa charité fut récompensée par l’honneur qu’il eut d’être emprisonné lui-même pour la cause de Jésus Christ. Les pères l’ayant appris coururent le visiter. Ils le trouvèrent presque tout nu, mais si plein de joie et de consolation d’avoir été jugé digne de souffrir quelque chose pour sa religion, qu’il les assura en les embrassant que l’unique chagrin qu’il avait était de ne s’être pas assez tôt déclaré, et que si Dieu lui rendait la liberté, il en ferait un meilleur usage. En effet, les pères ayant fait une somme d’argent pour le racheter, le même jour qu’il sortît de prison, il y retourna pour continuer ses exercices de charité envers les autres. Il y a apparence que les Siamois en eurent un violent dépit, car il disparut tout d’un coup, et l’on n’a pu savoir ce qu’il devint.
Un autre Arménien ayant été mis en prison, une jeune femme portugaise qu’il avait épousée prit entre ses bras un enfant de trois ans qu’ils avaient, et se vint rendre auprès de lui. On les vit depuis dans une pauvreté extrême, souffrant avec une constante digne des premiers siècles de si grandes incommodités que la mère et l’enfant en perdirent la vue. Cet Arménien avait un frère, qui tenait un rang considérable parmi les Mahométans de Siam, dont il avait embrassé la créance. Celui-ci n’épargna rien pour corrompre son frère et lui faire renoncer la foi ; mais le fervent chétien rejeta toujours ses sollicitations, et aima mieux s’exposer à mourir dans les souffrances que de s’en délivrer par ce crime.
Il y avait à Siam une religieuse, autrefois venue de Manille, qui demeurait dans le camp des Portugais, où elle élevait de jeunes filles dans la crainte de Dieu. On voulut obliger cette pieuse vierge à marcher sur un crucifix : elle le refusa, et sur ce refus on lui attacha le crucifix sous la plante des pieds, et la traînant avec violence, on lui reprocha en l’insultant qu’elle avait foulé aux pieds son dieu. Une de ses disciples fut souffletée et inhumainement meurtrie pour avoir fait le même refus, et toutes deux furent menées à Louvo, où on les confina en prison.
Un jeune Français fut battu avec des croix de bambou, et les barbares lui ayant mis une moitié de coco sur la tête, la lui enfoncèrent à force de coups, en dérision de la couronne d’épines qu’ils voient sur la tête de nos crucifix ; et comme il avait le bras cassé d’une mousquetade (5), ils lui mirent des bâtons et de la boue dans sa plaie, et le menèrent en cet état dans les prisons de Louvo.
Comme la persécution fut générale, la fermeté des chrétiens le fut aussi. Il n’y eut pas jusqu’aux esclaves et aux Cafres (6), hommes naturellement plus serviles que les esclaves mêmes, qui ne fissent paraître, en confessant Jésus-Christ, cette noble liberté que donne l’esprit d’adoption. On les vit porter dans les prisons leurs chapelets pendus au cou, et on leur entendit dire souvent qu’ils n’auraient pas voulu changer leurs cangues avec des colliers d’or. On leur offrit de les laisser sortir de prison, pourvu qu’ils renonçassent à la foi : mais c’est ce que personne d’eux n’a fait, quoique les Siamois, qui les méprisaient, les traitassent encore plus impitoyablement que les autres. Un d’entre eux, nommé Joseph, mourut la cangue au cou et les menottes aux mains, qu’on ne voulut jamais lui ôter dans la plus grande ardeur d’une fièvre violente qui l’emporta. Le père Le Blanc et le père de la Breuille se tinrent fort honorés de recevoir les derniers soupirs de ce courageux confesseur de Jésus-Christ.
Dieu reçut aussi en cette occasion ces louanges parfaites que le prophète roi dit qu’il prend plaisir à recevoir de la bouche des petits enfants pour confondre ses ennemis. Un jésuite, et M. Paumard (7), prêtre du Séminaire, qui a fait paraître un grand zèle et une grande charité durant tout le temps de cette persécution, allant un jour par la ville, s’entendirent appeler. C’était les petites élèves de Madame Constance qu’on avait fait esclaves et que l’on avait enfermées toutes ensemble dans une maison. Ces enfants racontèrent qu’on les avait battues pour leur faire adorer les idoles, mais qu’elles se souvenaient toujours d’un mot que leur disait souvent leur chère maîtresse, parmi les leçons qu’elle leur donnait pour les exhorter à la constance quand elles seraient sollicitées à changer de religion, corta cabeça, coupez-nous plutôt la tête.
La seule personne qui parut chanceler fut une jeune Anglaise de quatorze ans, laquelle ayant été faite esclave d’un mandarin qui l’avait adoptée pour sa fille parce qu’elle était agréable et qu’elle avait de l’esprit, s’était peu à peu laissée aller à dire des paroles qui marquaient son inconstance dans sa religion. Elle avait des compagnes esclaves du même maître, qui eurent tant d’horreur de son infidélité qu’elles cessèrent de lui parler. La honte qu’elle eut de se voir ainsi abandonnée la fit rentrer en elle-même : elle reconnut sa faute et reprocha au mandarin qu’il avait surpris sa faiblesse, lui déclarant en même temps que désormais aucune considération ne serait capable d’ébranler la fidélité qu’elle avait promise à Jésus-Christ. Le danger de cette fille donna de l’inquiétude aux pères : mais Dieu l’adoucit par la consolation qu’ils eurent de convertir à la foi catholique quatre ou cinq soldats de la même nation, qu’on avait emprisonnés comme chrétiens.
Le zèle des idolâtres pour la religion siamoise ne fit pas […] tous les confesseurs qui endurèrent durant cette persécution : l’incontinence de Soyatan (8), fils aîné de l’usurpateur, en fit presque un aussi grand nombre. Car on ne saurait dire combien de vierges chrétiennes eurent le malheur de Madame Constance, je veux dire de plaire à ce prince.
La fermeté de ces filles et de leurs parents triompha de ce tyran débauché. Une famille de vingt-quatre personnes, d’un Castillan nommé Perez, fut pillée et mise aux fers, à l’occasion de deux jeunes filles à qui Soyatan donna souvent l’option ou de mourir ou d’entrer dans son sérail. Elles ne balancèrent jamais un moment à choisir la mort. Un père et une mère du Pegu furent roués de coups de bâton pour lui avoir caché leur fille, et quelque chose qu’il fît, il ne put jamais les obliger à la représenter. On a vu des mères chercher des herbes pour défigurer le visage de leur fille, et une d’entre elle eut le courage d’appliquer à la sienne un fer chaud dont on se sert en ce pays-là pour guérir les maladies honteuses, usant ainsi du remède de l’incontinence pour lui conserver sa pureté et lui imprimant la flétrissure du vice pour mettre à couvert sa vertu.
Vous avez sans doute impatience d’apprendre quel fut le sort de nos amis durant cette rude persécution. Leurs lettres disent qu’ils se regardèrent longtemps comme des victimes dévouées à la mort. Comme on les croyait les auteurs du dessein qu’avait M. Constance de changer la religion du pays, les idolâtres leur en voulaient plus qu’aux autres. Aussi leur donna-t-on d’abord des gardes, et un mandarin de leurs amis les vint avertir secrètement qu’on avait résolu de les faire mourir. Vous vous imaginez bien, vous, mon cher père qui les connaissez, la joie que leur donna cette nouvelle. Un d’entre eux écrit ici que la consolation qu’ils ressentirent dans l’espérance de répandre bientôt leur sang pour Jésus-Christ était si grande et si abondante qu’il n’y en avait aucun qui n’eût très volontiers fait encore une fois le chemin d’Europe aux Indes pour jouir de cette douceur, si capable de faire oublier toutes celles de la patrie.
Ils se disposèrent au martyre par des jeûnes et par des prières extraordinaires, mais ils n’omirent point pour cela les exercices de la charité chrétienne qu’ils devaient aux fidèles en cette rencontre. Car comme par une conduite bizarre, leurs gardes leur laissaient la liberté d’aller partout où ils voulaient, et que les mandarins ne s’y opposaient pas, il n’y eut personne parmi ces chrétiens affligés qui ne fût soulagé par leurs soins, non seulement dans les nécessités spirituelles par le moyen de la parole de Dieu et des sacrements, mais dans les corporelles même par les remèdes dont ils guérissaient leurs maladies, par les saintes industries qu’ils inventaient pour les garantir des injures de l’air, et par les aumônes qu’ils leur firent de ce que la libéralité de notre grand roi, et la charité de quelques particuliers leur avait fourni à leur départ d’Europe, pour leur propre subsistance.
Je passerais les bornes d’une lettre, si je m’étendais davantage sur les travaux de ces fervents missionnaires. Un plus grand détail conviendra mieux à une relation de leur mission qu’on attend d’un d’entre eux, arrivé depuis peu des Indes, dont une longue captivité a illustré l’apostolat. L’estime qu’il fait de ses chaînes en donne beaucoup pour sa personne : son discernement et sa droiture en doivent donner pour ce qu’il écrira. J’ai lu depuis peu dans une lettre qu’aussitôt que les Français furent sortis de Bangkok ; les Siamois mirent aux fers M. de Metellopolis, le père de la Breuille et quelques autres qui étaient restés à Siam. Voilà un nouveau sujet d’espérer une abondante moisson dans un champ arrosé des larmes et des sueurs de ceux qui le cultivent. C’est ainsi que les premiers missionnaires de la Chine augurèrent bien du succès de leur mission, par les fréquentes persécutions qu’ils y souffrirent. L’expérience nous fait voir qu’ils ne se sont pas trompés. Tout naturellement l’empereur Tartare, qui gouverne ce grand empire, a reçu favorablement les cinq jésuites français (9) qu’on y a fait passer : il en a retenu quelques-uns à sa cour, et en a envoyé un en Moscovie (10) accompagner ses ambassadeurs. Prions notre Seigneur, mon cher père, que l’esprit de l’apostolat se conserve toujours dans notre Compagnie, et qu’on ne s’y épouvante pas plus qu’on a fait jusqu’ici des persécutions que nous attirent les entreprises apostoliques.
7 feuilles format A4
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NOTES :1 - Mgr de Pallegoix nous renseigne davantage sur cette prison : il s’agit du « lakhonban ». C’est une prison formée par une enceinte de gros pieux, sans couvert, remplie de boue, d’insectes et de puanteur, où l’on est exposé à toutes les rigueurs des saisons et surtout aux pluies qui inondent chaque année le royaume. (Histoire de la Mission de Siam) retour
2 - Robert Challe nous décrit ainsi cet instrument de supplice : « Cangue est une fourche qu’on met au col traversée par le devant ; en sorte que cela fait comme un triangle équilatéral : qu’à l’angle du devant il y a comme une mortaise de charpentier, dans laquelle on passe les deux mains, et ainsi un patient est comme s’il était au pilori mais bien plus gêné. »(Journal du Voyage des Indes Orientales – Textes inédits publiés d’après le manuscrit olographe par Jacques Popin et Frédéric Deloffre – Editions Droz – Genève 1998). Dans sa Relation, La Loubère évoque lui aussi cet instrument : « Outre ces punitions que j'ai dites, ils en ont de moins douloureuses, mais plus infamantes, comme d'exposer un homme en place publique chargé de fers, ou le col passé dans une sorte d'échelle, qu'on appelle cangue, en siamois ka. Les deux côtés de cette échelle sont longs d'environ une toise et sont attachés à un mur ou à des poteaux, chacun par l'un de ses bouts, avec une corde, de telle sorte que l'échelle peut se hausser et s'abaisser, comme si elle tenait à des charnières. Au milieu de l'échelle sont des échelons entre lesquels est le col du patient, et il n'y a point d'autres échelons que ces deux-là. Le patient peut s'asseoir à terre, ou se tenir debout lors que le poids de l'échelle, qui porte sur ses épaules, n'est pas trop grand, comme il l'est quelquefois, ou lors qu'on n'attache pas l'échelle par tous les quatre bouts, car, en ce dernier cas, elle est couchée en l'air, portant par les extrémités sur des appuis, et alors le patient est comme pendu par le col ; à peine touche-t-il à terre par la pointe des pieds. Outre cela, ils ont l'usage des ceps et des menottes. Le patient est quelquefois dans une fosse pour être plus bas que terre, et cette fosse n'a pas toujours de la largeur, mais souvent elle est tout à fait étroite, et le coupable y est, à proprement parler, enfoui jusqu'aux épaules. Là, pour une plus grand honte, ils lui font donner des soufflets, ou des coups sur la tête, outrage estimés très grands, surtout si on les reçoit de la main des femmes. ». retour
3 - Aujourd’hui Lopburi, à quelques dizaines de kilomètres d’Ayutthaya. retour
4 - Le royaume de Pegu, ou Pégou, désignait la région sud de l'actuel Myanmar. retour
5 - « Plusieurs coups de mousquet tirés à la fois ou continûment par des gens armés » (Littré). retour
6 - On appelait « Cafres » au XVIIe et au XVIIIe les non musulmans ou infidèles qui venaient de la Cafrerie, partie de l’Afrique située au sud de l’équateur. retour
7 - Le père d’Orléans orthographie « Pomart ». Etienne Paumard est né à Laval en 1640 et mort à Ayutthaya en 1690. Ce missionnaire arrive au Siam en 1676 et soigne Phaulkon gravement malade – et lui sauve peut-être la vie - en 1682. Il joue un rôle important lors de l’ambassade du chevalier de Chaumont, et assiste Phra Naraï lors de ses derniers moments. Il bénéficie par la suite d’un traitement de faveur et du respect de Petratcha. Laissé libre, il multiplie les efforts pour porter assistance aux missionnaires victimes des persécutions. retour
8 - Fils de Petratcha, Sorasak - ou Sarasak - devint en 1703, à la mort de son père, le 33ème roi d’Ayutthaya, connu sous le surnom de Phra Chao Süa (le roi Tigre). W.A.R. Wood brosse ainsi son portrait : « Ce fut un homme cruel, intempérant et dépravé. Turpin dit qu’il a épousé la princesse Yotathep, une des veuves de son père [par ailleurs fille de Phra Naraï]. Une des portes de son palais était connue sous le nom de « Porte des Cadavres » en raison du grand nombre de petits cercueils qui en sortaient, contenant des enfants assassinés victimes de sa luxure et de sa cruauté. (…) Le « roi Tigre », usé par l’alcool et la débauche, mourut en 1709, terminant ainsi un règne court et peu glorieux. » retour
9 - Les pères Le Comte, Gerbillon, Bouvet et Visdelou, placés sous l’autorité du père de Fontaney. Le sixième était le père Tachard qui ne poursuivit pas son voyage vers la Chine, mais retourna en France, abusé par Phaulkon, pour accomplir sa mission occulte : convaincre Louis XIV d’envoyer une expédition militaire au Siam. retour
10 - Sans doute le père Jean-François Gerbillon (1654-1707), qui négocia avec les Russes pour le compte de l’empereur K’ang Xi, dont il était fort apprécié. retour
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Page mise à jour le 6/1/02